POESIES, TRADITIONS POPULAIRES
11 est curieux de rapprocher des invectives des poètes de la décadence contre les chats, quelques fragments de nos poésies populaires de campagne.
Le chat, animal préféré par la nourrice, est le premier être animé qui frappe les oreilles de l'enfance. A des mélodies d'un rhythme particulier le chat est associé; c'est avec un petit drame naïf où l'animal joue le rôle principal qu'on berce l'enfant. L'enfant s'endort avec un proiil fantastique de chat fixé dans le cerveau.
Ce qu'ayant observé, les poètes populaires
introduisirent l'animal dans leurs couplets, comme le témoigne particulièrement la chanson sur les chats & les souris, recueillie en bas Poitou.
Une société de souris étant allée au bal & à la comédie.
Le chat sauta sur les souris, Il les croqua toute la nuit.
Gentil coquiqui, Coco des moustaches, rairlo joli,
Gentil coquiqui.
Ces onomatopées du refrain encadrent le chat & les souris d'une façon si plaisante, qu'il est impossible que l'enfant les oublie.
Avec les poules & les loups, le chat fait partie de l'histoire naturelle enseignée par les nourrices à leurs poupons. L'animal appartient à la classe des objets remuants qui, comme les cloches, vibrent dans leurs tendres cerveaux.
La présence du chat dans les plus pauvres intérieurs, sa silhouette visible qui se profile à tout instant, la brièveté de son unique syllabe, facile à retenir, expliquent pourquoi
l'animal joue un si grand rôle dans les impressions du jeune âge.
On remplirait un volume des chansons de nourrices sur les chats :