XII PREFACE
Montaigne accorde la j?rw(fewce aux abeilles, le jugement aux oiseaux; pour lui, l'araignée qui tile sa toile, délibère, pense & décide. Cette prudence, ce jugement, ces délibérations^ ces pensées, ces décisions, demanderaient aux métaphysiciens qui ne connaissent guère les animaux des volumes de controverse.
Ces songe-creux qui ne regardent ni le ciel ni les étoiles se sont rarement inquiétés de ceci : à quoi pense l'animal qui pense >
Heureusement, il existe des esprits méditatifs & observateurs, avides d'indépendance, qui, frappés de l'indépendance de certains animaux, entrent en communication directe avec eux, étudient leurs mœurs, amassent des faits inconnus aux naturalistes enfermés dans leurs laboratoires & arrivent à d'audacieuses conclusions qu'ils se font pardonner par leur caractère, leur vie, leur science & leurs vertus.
On ne niera pas l'autorité scientifique d'Audubon le naturaliste, vivant dans les forêts d'Amérique, qui couronne sa vie par les Scènes de la nature. Esprit positif, que le