‹ Les chatsChapitre 47 sur 60 · INSTINCT MATERNEL CHEZ LES CHATTES · texte numérisé non relu

INSTINCT MATERNEL CHEZ LES CHATTES

M. Charles Asselineau, me sachant occupé d'un travail sur les chats, m'envoie l'observation suivante :

« Ma chatte fait ses petits à la campagne. Je lui en laisse un pour empêcher que son latt ne lui monte à la tète, & je donne l'autre à ma blanchisseuse.

(( Pendant une des nuits suivantes, toute la maison est éveillée par des lamentations de jeunes chats à fendre l'âme. 11 pleu\ait à torrents.

(( La jardinière, qui a le cœur tendre, se lève & trouve le petit chat à moitié noyé, transi, mourant. Elle le prend, l'emporte,

&, pour le réchauffer, le couche à côté d'elle dans son lit.

(( Le lendemain matin, on présente le petit à sa mère. Il se jette sur elle en affamé & essaye de se coucher sous son ventre pour teter; mais la chatte le repousse énergiquement, se hérisse, jure & montre les griffes. Vingt fois on renouvelle la tentative avec le même succès.

a Nous voilà tous scandalisés , indignés contre cette marâtre, qui ne reconnaissait plus son fruit après deux jours de séparation. Mes nièces en pleuraient : a Oh! la vilaine, la mauvaise mère ! »

(( On se décide eniin à reporter le petit chat chez la blanchisseuse en la grondant fortement de sa barbarie de mettre un nouveau-né à la porte par un temps pareil, & que trouve-t-on .^ Le vrai chaton moelleusement couché sur un coussin avec une soucoupe de lait à sa portée.

(( Nous avions donc calomnié la mère. Son instinct avait été plus clairvoyant que nos yeux. Elle avait du premier coup reconnu que l'enfant qu'on lui présentait n'était pas

le sien & l'avait repoussé pour ne pas faire de tort à son nourrisson. — N'est-ce pas là une belle histoire de chatte.^ ^ »

I. Nombre d'autres observations m'ont ete communiquées pendant l'impression du présent livre, mais, venues trop tard, elles eussent dérange le plan; malgrj les divisions les plus capricieuses en apparence de toute œuvre d'art, l'écrivain doit se tenir en garde contre les rallonges.

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