‹ Les chefs d'écoleChapitre 4 sur 59 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

époque dont le souvenir est encore vivant parmi nous, il fut un temps où l'on était nécessairement ou classique ou romantique. Dans ces conflits de principes esthétiques absolument contraires et que la passion du moment rendait exclusifs, la critique était réduite à un rôle dénué de largeur; par la force des choses, elle était devenue affirmative quand même dans un sens et, dans l'autre, rigoureusement négative. Aujourd'hui, son devoir est d'interpréter et d'enseigner. La confusion des genres a pris un tel développement que les artistes , et à plus forte raison le public, marchent dans une incertitude croissante. L'habileté pratique est générale, elle tient même du prodige si l'on se reporte à ce qu'elle était il y a quelque cinquante ans ; mais elle s'éparpille et s'épuise en productions trop souvent légères , insignifiantes , dépourvues d'idée et de portée morale. Il lui manque une base solide et qui soit commune, sinon à tous, au moins à la majorité. Chacun s'enferme dans son atelier et produit pour son propre compte, sans se préoccuper de l'effort du voisin ; de là tant d'activité dépensée en pure perte, sans profit réel pour fart ; de là aussi, convenons-en, quelques brillantes origina-

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