‹ Les chefs-d'vre lyriques de Pierre de Ronsard et de son écoleChapitre 32 sur 36 · GILLES DURANT · texte numérisé non relu

GILLES DURANT

Entre elles, plus Amour n'a de puissance, Et plus n'ont connaissance Des plaisirs de Vénus.

Mais, lâchement couchées Sous les myrtes pressés, Elles pleurent, fâchées.

Leurs âges mal passés ;

Se lamentant Que, n'ayant plus de vie.

Encore cette envie Les aille tourmentant.

En vain elles désirent De quitter leur séjour.

En vain elles soupirent De revoir notre jour :

Jamais un mort.

Ayant passé le fleuve Qui les Ombres abreuve.

Ne revoit notre bord.

Aimons donc a notre aise ; Baisons-nous bien et beau.

Puisque plus on ne baise La-bas sous le tombeau.

Sentons-nous pas Comme ja la jeunesse Des plaisirs larronnesse, Fuit de nous a grand pas ?

Ça, finette affinée, Ca, trompons le destin.

Qui clôt notre journée Souvent dès le matin ;

L'ECOLE DE RONSARD

Allons, contents, Fouler cette verdure, Allons, tandis que dure Notre jeune printemps.

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