DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIYE
il faut à la vapeur incessamment formée un réservoir qui la reçoive avant qu'elle se rende aux organes du mouvement.
Voyons maintenant comment s'opère cette distribution de la vapeur.
Toute la longueur du réservoir est occupée par un tube horizontal, percé à sa partie supérieure d'ouvertures où se précipite incessamment le fluide gazéiforme, au fur et à mesure de sa production. C'est le iuyau de prise de vapeur.
Quel est le rôle de ce tube ?
C'est d'éviter l'entraînement des particules liquides, par suite de Tébullition tumultueuse qui agite l'eau au-dessus du plafond du foyer : ces particules, en arrivant jusqu'aux cylindres, finissent par être projetées hors de la cheminée sous forme de pluie, et nuisent dans leur trajet à l'action mécanique de la vapeur.
Du tuyau de prise de vapeur le fluide moteur passe dans la capacité d'un petit dôme voisin de la cheminée, et de là enfin, par l'intermédiaire de deux tubes latéraux, descend jusqu'aux cylindres, c'est-à-dire jusqu'aux organes où sa force élastique engendre le mouvement. C'est là que nous allons en étudier l'action.
Voyez-vous à l'avant de la machine, un peu au-dessous de la boîte à fumée, une capacité de forme cylindrique, à l'intérieur de laquelle se meut un piston muni de sa tige? Si, par un mécanisme particulier, la vapeur est alternativement introduite dans l'une ou dans l'autre des deux chambres qui séparent le piston, si elle en sort successivement et par un mouvement inverse, qu'en résultera-t-il? Un mouvement de va-et-vient du piston et de sa tige, mouvement en ligne droite qu'il s'agit de transformer en un mouvement circulaire.
Vous devinez déjà comment on y parvient : la vue de Tappareil moteur, que vous offre notre coupe longitudi-
nale, achèvera d'éclaircir ce qui pourrait encore vous sembler obscur.
La tige du piston est reliée à une bielle, barre métallique rigide, doublement articulée, d'une part à cette tige, d'autre part au bras d'une manivelle formée par un double coude de Tessieu. La bielle, alternativement poussée et tirée, joue le rôle d'un bras faisant tourner à la fois la manivelle, l'essieu, et les roues que l'essieu porte à chacune de ses extrémités.
Chaque locomotive possède deux cylindres, qui agissent simultanément sur deux coudes du même essieu» mais de telle façon que l'un des coudes occupe, la position horizontale, quand l'autre occupe au contraire la position verticale : vous verrez plus loin la raison qui a fait ainsi disposer ces coudes à angle droit, au lieu de leur donner une position parallèle.
Pour terminer cette première et sommaire description, disons que la vapeur, au sortir des cylindres, s'échappe par un double tuyau dans la boîte à fumée; de là, par la cheminée, elle se répand dans l'atmosphère, sous la forme d'un nuage blanchâtre que sa couleur empêche de confondre avec la noire fumée du combustible.