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i56 Total général : 23,355 véhicules

En 1865, les lignes de l'Est, de FOuest et d'Orléans possédaient, la première, 1,951 voitures de voyageurs, et 16,316 wagons de marchandises; la seconde 1,770 voitures et 10,160 wagons, et la troisième 903 voitures et 11,707 wagons.

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postes, qui coiitiemient à l'intérieur de véritables bureaux, éclairés, cbauffés, où les employés de ce service opèrent commodément le triage des lettres et des dépêches. Si vous êtes curieuK de connaitre ce qui se passe dans ces bureaux ambulants, Ji'tez un coup d'œil sur le dessin suivant :

i'uis, descendant un échelon dans le rang de la marcliandise transportée, que rencontrez-vous ? Les wagons destinés aux voyageurs di.> la gent animale, chevaux, vaches et bœufs, porcs et moutons. Tenez-vous à savoir commcnttout ce monde se trouve casé ? La figure 92 vous

thoisièiie parue — îiATtniEL roulant. 253 montre 1 intérieur (1 un «agon-écone dont chaque compartiment est conblruit pour trois chevaux. Chaque cheval comme on voit oc< upe unp stalle séparée, dont les cloisons latérales sont rembouirees, pour éviter les secousses ou les chocs qui pouii aient l'effrayer ou le

blesser. En avant, une traverse mobile, également rembourrée, maintient le poitrail ; c'est probablement gênant pour les pauvres bétes, mais le râl«licr et la mangeoire transforment l'espace exigu en une écurie assez confortable, ïn palefrenier a place sur chaque voiture, et peut surveiller pendant la route nos coursiers, étonnés peutêtre de se sentir rouler en voiture, eux, si babitoés h faire

rouler les autres. Les wagons-écuries ont leurs stalles disposées, tantôt en travers, tantôt dans le sens de la voie : les avis sont partagés sur la meilleure de ces deux dispositions, j'entends la meilleure pour la santé de l'animal. On a constaté cependant qu'il éprouve une moindre fa^ ligue s'il est placé dans un sens perpendiculaire à la voie.

Les wagons-écuries, employés au transport des moutons ou des porcs, diffèrent des premiers; ils ont deux étages et ne sont point divisés en stalles. De l'individualité, en quelque sorte libre, de la haute taille on tombe dans le troupeau.

Enfm, il y a des wagons spéciaux pour le lait, d'autres pour les diverses sortes de combustibles, houilles grosses ou menues, coke, charbons de bois, des trucs servant au transport des voitures de rouliers, des diligences et des chaises de poste, des wagons servant au transport du ballast, enfin des wagons de terrassement, ce qui nous ramène, si vous avez bonne mémoire, au début de notre construction d'un chemin de fer.

Je ne dis rien des wagons à bagages ou fourgons qui servent au transport des malles et paquets appartenant aux voyageurs, parce que chacun peut les voir à son aise, en tête du train, c'est-à-dire immédiatement après le tender de la machine. Je rassurerai toutefois les personnes inquiètes de voir lem^s objets, fragiles ou précieux, en contact avec les lourds colis, en leur apprenant qu'il existe, à l'intérieur des fourgons à bagages, des tablettes et des armoires, construits dans le but exprès de prévenir les suites fâcheuses d'une telle rencontre. Les fourgons sont ordinairement munis de caisses, à portes en tôle percées de trous : c'est là que, muselés, et pétrifiés par le bnuit terrible de la locomotive, sont enfermés les voyageurs de race canine. Leurs places ne sont pas les moins chères de celles qui composent un train, si Ton veut tenir

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compte de l'espace occupé et du prix de revient de leur domicile.

Tous les voyageurs savent, ai-je dit plus haut, je crois, cummcnl sont disposés les compartiments qui les reçoivenl et dont la forme varie peu avec tes diverses lignes

Fig. 93.— Un wagon wurterabergeois.

Il faut ajouter toutefois une certaine restriction à cette manière de parler; car les personnes qui prennent les confortables places des premières ne connaissent guère les troisièmes que par oui-dire, et — pour parler comme un géomètre — la réciproque n'est pas moins vraie. Mais comme la curiosité est permise en cliemindefer, et, dans ce cas, d'un facile exercice, chacun peut, en se promenant

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le long du train pendant les arrêts, jeter un coup d'œil dans les voitures entr'ou vertes.

Ce qu'on connaît moins, ce sont les voitures de luxe, dont les salons meublés permettent aux favorisés de la fortune de s'étendre à plaisir, et de prendre un repos qu'on ne goûte guère d'habitude en voyage : des terrasses pour les fumeurs (fiy. 95), d'autres aisances qu'on soupçonnera bien sans les nommer davantage, ajoutent aux agréments des voitures de première classe, et n'ont d'autres défauts que d'être inaccessibles à la majorité des voyageurs. Bon nombre de lecteurs ne seront peut-être pas lâchés , du reste, de savoir à quel degré de perfection a été poussée de nos jours la construction des voitures de luxe qui circulent sur nos chemins de fer. Or, voici (fi(/. 94) un spécimen qui ne peut manquer de satisfaire, à cet égard, leur curiosité.

Le train impérial, dont je mets sous leurs yeux le plan. une coupe et l'élévation longitudinale en perspective, est, comme on voit, composé de cinq splendides voitures, construites par les ordres de la compagnie du chemin de fer d'Orléans, et par elles offertes au chef de l'Ëtat.

Chacune d'elles a coûté, nous dit-on, cent mille francs. ,

CiKQ CENT MILLE FRANCS ! voilà uuc gracieuscté un peu chère, comme en pouvait seule faire une de nos riches et puissantes compagnies françaises. C'est, on en conviendra, surtout pour qui n'est pas actionnaire du chemin d'Orléans, un éloquent témoignage de la prospérité de nos voies ferrées.

Si l'exemple des Américains a contribué à introduire dans nos voitures de chemins de fer des améliorations importantes ; si ce qui est chez eux l'ordinaire a fini par devenir chez nous chose de luxe, ajoutons que l'aristocratique division des places en trois classes, comme en France, en quatre classes, comme sur certains chemins d'Allemagne, est inconnue aux États-Unis. Mais hélas !

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— triste revers de la médaille — savez-vous pourquoi les Américains ne connaissent qu'une classe de voyageurs? C'est qu'ils relèguent les gens de couleur — on ne dit pas seulement les esclaves — dans les wagons à bagages» comme un bétail humain ^ !

La façon dont on traitait jadis chez nous les voyageurs de troisième classe, parqués dans des caisses non couvertes, puis, sur les réclamations du public, simplement protégés contre la pluie ou la neige, mais exposés à toutes les autres intempéries du temps, doit du reste nous inspirer quelque modestie. De grands progrès ont été faits depuis lors, au point de vue de Thumanité. Les compagnies ont reconnu combien il était de leur intérêt de pourvoir, pour le moins, au strict bien-être des voyageurs qui se confient à leurs soins, pendant un trajet souvent fort long.

Qu'elles continuent à progresser dans cette voie; elles en seront récompensées. L'intérêt du public est le leur propre : c'est là une maxime aussi vraie dans Tordre moral que dans Tordre économique.

Nous faisions des vœux, dans la première édition de cet ouvrage, pour qu'elles introduisissent dans les trains diverses améliorations depuis longtemps réclamées par les voyageurs, principalement par ceux de seconde et de troisième classe. Nous sommes heureux de dire quft quelques-unes de ces améliorations sont, aujourd'hui réalisées sur toutes les lignes. Ainsi, dans chaque train, un ou plusieurs compartiments sont réservés aux dames qui désirent voyager seules. Les fumeurs ont aussi des compartiments réservés : à vrai dire l'habitude d'emplir les voitures de la fumée de tabac, de la pipe ou du cigare est devenue si générale, qu'il y aurait lieu plutôt de réserver

* Aujourd'hui que l'esclavage est aboli dans la grande république» la coutume barbare que nous rappelons ici a probablement disparu : nous le désirons pour l'honneur de la démocratie américaine.

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