‹ Les chemins de fer (volume 4)Chapitre 51 sur 136 · DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — LA LOCOMOTIVE

Donc, fendons en deux — par la pensée bien entendu — de l'avant à l'arrière et verticalement, notre

animal je veux dire notre machine. Nous pouvons

maintenant examiner l'intérieur à notre aise. Laissons d'abord de côté les menus détails : attachons-nous à l'ensendjle. L'appareil qui sert à la production de la vapeur, nous avons dit la chaudière, occupe la plus grande partie de fa coupe longitudinale que vous avez sous les yeux (fig. 70) : elle se subdivise d'ailleurs en trois capacités particulières :

A l'extrémité d'arrière, le foyer ou boîte à feu ;

Au milieu, le corps principal de la chaudière, renfermant la })lus grande partie de l'eau que l'action du foyer doit réduire en vapeur : cette capacité a reçu, à cause de sa forme, le nom de corps cylindrique ;

Enfin, à l'extrémité d'avant, \r boîte à fumée, où se rendent les gaz produits par la combustion ; cette troisième capacité est surmontée par la cheminée de la machine.

La forme générale du foyer est rectangulaire : grâce à une double enveloppe, que notre coupe laisse voir, le combustible coke, charbon de terre ou bois, se trouve en contact direct avec l'eau de la chaudière, par cinq des six faces du foyer. La sixième, c'est-àdire le fond intérieur, est formée d'une grille à barreaux mobiles, sur laquelle repose directement le combustible. L'eau qui enveloppe la boîte à feu reçoit la première l'action de la chaleur rayonnante; c'est elle, dès lors, qui la première se vaporise. Aussi la force élastique de la vapeur, s'exerçant ainsi directement sur des parois planes, les aurait bientôt déformées, sans

un système de solides armatures, qui servent à relier les deux enveloppes intérieure et extérieure de la boite à feu^

— Mais alors, dira-t-on, pourquoi n'avoir pas donné au foyer la forme cylindrique? Ne sait-on pas que les parois courbes offrent à la pression de la vapeur une résistance plus grande? ^

— Vous allez comprendre la raison de cette préféférence. A capacité et à hauteur égales, les parois d'un foyer rectangulaire ont une surface totale plus considérable que celles d'un foyer cylindrique. Supposons la base carrée : cet excès de surface est au moins d'un quart, comme le démontre un calcul géométrique fort simple. Or, augmenter la surface de chauffe, c'est accroître la quantité de vapeur produite en un temps donné, c'est accroître la puissance de la machine.

Arrêtons-nous un instant à cette dernière idée. C'est elle, en effet, qui a décidément élevé la locomotive au rang supérieur qu'elle occupe aujourd'hui dans la hiérarchie des machines.

Préoccupé de la solution de cet important problème — augmenter la surface de chauffe — l'ingénieur fran- (;ais Seguin a transformé la chaudière cylindrique

* Les parties latérales de ces enveloppes sont consolidées par des eutreloises en cuivre rouge rivées, tandis que la face supérieure, ou ciel du foyer, est munie d'armatures du même métal, fixées de champ, et de forme parabolique. On a préféré le cuivre rouge au fer, parce que la destruction de ce dernier est plus rapide et qu'il faut démonter le jbyer pour en vérifier l'état.

Veut-on avoir une idée de lelïort qu'exerce la pression de la vapeur? En supposant la pression de sept atmosphères, et les entretoises espacées d'un décimètre, chacune d'elles doit exercer, pour résister à cette pression, un effort de 720 kilogrammes; chaque armature du ciel, de 7,200 kilogrammes.

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