‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 38 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

ingénieurs de nos voies ferrées, et, rien qu'en Europe, on les compte par centaines *.

Ajoutons qu'aujourd'hui, il ne s'agit plus seulement de percées de trois à quatre centaines de mètres, mais de trois à quatre kilomètres, et, bientôt, si le grand souterrain de Bardonèche à Modane s'exécute, on pourra citer des tunnels de douze mille mètres de longueur. La vapeur mugira dans les profondeurs des chaînes alpestres. OEuvre grandiose, s'il en fut, qui témoignera hautement de la puissance de l'homme, quand, pour vaincre les obstacles qui s'opposent à la fusion des intérêts et des races , il sait plier à sa volonté et à la réalisation de ses desseins, les lois mêmes de la nature !

Dans quelle partie du tracé d'un chemin de fer, le percement d'un tunnel devient-il obligatoire? Toutes les fois, évidemment, que, la profondeur d'une tranchée à ciel ouvert dépassant une certaine limite, les travaux de terrassement seraient réellement plus coûteux que l'établissement d'un souterrain. Souvent il arrive, que toute évaluation comparative de ce genre est superflue, k hauteur de la

1. Les canaux offraient cependant un assez grand nombre de souterrains, parmi lesquels il faut placer en première ligne le souterrain de Noirieu, au canal de Saint-Quentin. Sa longueur dépasse un myriamètre; il a été en grande partie exécuté par les prisonniers de guerre espagnols. Mais ces sortes de tunnels ne sont guère connus que des mariniers ou des gens du pays, et c'est par ouï diro qu'en parte le gros du public.

montagne à traverser étant de beaucoup supérieure à la profondeur maximum des plus grandes tranchées. Il faut, dans ce dernier cas, si Ton ne peut tourner l'obstacle, percer coûte que coûte un souterrain, à moins d'arrêter là le chemin de fer. Telle est précisément l'alternative qui se présente pour le chemin de fer de Victor-Emmanuel, dont les deux tronçons sont provisoirement séparés par les contre-forts du mont Cenis.

Une fois le percement décidé, il est aisé de comprendre que le problème à résoudre est susceptible de solutions diverses. Telles inclinaisons, tel système de pentes, de rampes et de paliers , combinés suivant la nature des couches traversées, peuvent diminuer les difficultés du travail, par suite la dépense. Mais ce sont là, nous l'avons vu, des études qui sont du ressort du tracé définitif, et, dans ce qui va suivre, nous avons surtout en vue l'exécution.

Voici comment on procède :

Une série de signaux, piqués sur le sommet et sur les flancs du massif, donnent l'alignement extérieur du souterrain. Voilà pour la direction.

Les profils consultés permettront de déterminer aisément les profondeurs de la galerie en ses différents points, et l'étude géologique du sol sous-jacent fera connaître la nature des couches qu'elle doit traverser. On pourra commencer alors à creu-

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