‹ Les chemins de fer (volume 5)Chapitre 48 sur 227 · PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE

reillement loisible, en traversant une tranchée, de regarder passer devant vous ces files de raies de toutes couleurs, brunes, jaunes, vertes, sombres et lumineuses qui zèbrent alors votre horizon. Enfin, un tunnel vient-il à vous engloutir, l'écho des voûtes, l'obscurité qui succède à la lumière, le sifflement de la vapeur suffisent à vous avertir que, comçie les taupes, vous voyagez sous terre."

Mais si, grâce à de magnifiques constructions architecturales, vous franchissez les vallées, les canaux, les routes et les fleuves, parfois. même jusqu'à des bras de mer, que pou vez-vous voir, du haut de votre wagon, de ces intéressants travaux? Rien. Voilà pourquoi c'est plus que jamais de mon devoir de cicérone de vous les faire connaître, pourquoi je vous invite à venir, en simple piéton, les visiter avec moi.

Ce sont d'ailleurs les ouvrages d'art de la roie-qui vont faire de notre ligne en construction, avec les remblais, tranchées et tunnels, un champ de traction ininterrompu. Une fois ces travaux terminés, nous pourrons, d'un bout à l'autre du chemin, circuler sans encombre, pour ainsi dire à pied sec.

Pourquoi n'avoir point rangé les souterrains parmi les objets d'art? C'est là une question que me fera peut-être certain lecteur amoureux des classifications méthodiques ; je réponds que les tunnels m'ont paru former une catégorie d'ouvrages mixtes,

tenant à la fois, des terrassements par le percement et les fouilles, des travaux d'art par la maçonnerie dont ils sont le plus souvent revêtus. L'essentiel d'ailleurs est de n'omettre aucun des détails vraiment intéressants que nous peut offrir la construction de la voie.

Tout le monde sait que les ponts et les viaducs, d'origine aussi ancienne que les routes elles-mêmes, ont pris sur les chemins de fer une importance exceptionnelle. Pourquoi? Rien n'est plus facile que de s'en rendre compte.

D'abord, les voies ferrées, comme les routes de terre, doivent laisser le passage libre aux rivières, aux canaux, aux fleuves, que dis-je? aux moindres filets d'eau. Autant de cours d'eau, autant de ponts. N'a-t-il pas fallu, sur certaines lignes, franchir le bras de mer qui séparait les deux tronçons du rail-way ?

Viennent maintenant les routes, les chemins, les rues des villes traversées. C'est un viaduc à construire, toutes les fois qu'une de ces voies de communication rencontre et coupe le tracé, à moins que les deux chemins ne se trouvent de niveau. Dans ce cas, relativement plus rare, on établit un passage spécial dont il sera question plus loin.

Enfin, la ligne de fer traverse-t-elle une vallée, une gorge profonde, on ne peut songer à édifier un remblai, dont la hauteur et la largeur énormes ren-

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