PREMIÈRE PARTIE. — LA VOIE
700 mètres. 20 mètres dé hauteur, 50 mètres d'ouverture, voilà pour les dimensions de chacune des quatre arches qui franchissent la rivière en ce point. Trente arcades, de dimensions plus petites, achèvent de relier cet ouvrage aux remblais qui portent de côté et d'autre la voie ferrée. Le dessin qui précède donne ufie vue générale du viaduc, dont les lignes sévères forment la plus heureuse diversion avec le riant paysage qui l'entoure?
Ai-je besoin de dire quelle science, quelle habileté il a fallu aux ingénieurs, pour mener à bonne fin une œuvre aussi importante.
Il faudrait citer encore le beau viaduc de Chaumont, si remarquable par l'élévation de ses arches/ et qui y long de 600 mètres et cubant 60000 mètres de maçonnerie, n'a exigé cependant qu'une année pour son complet achèvement, véritable chef-d'œuvre de l'art de construire; le viaduc de Barentin, qu'il a fallu rebâtir après un écroulement complet , et dont les vingt-sept arches, de 15 mètres d'ouverture, mesurent une longueur totale d'un demi-kilomètre; celui de la Gôltzsch, en Saxe, long de 580 mètres, d'une hauteur maximum de 80 mètres, et qui a coûté près de 7 millions de francs; enfin celui qui traverse la vallée de l'Indre, entre Tours et Monts, le plus bel ouvrage de la ligne de Paris à Bordeaux, dont les cinquante-neuf arches, en plein ciïitre, ont 10 mètres environ d'ouverture, 22 mètres
de hauteur moyenne, et 750 mètres de longueur. Il a coûté 2 millions. En voici deux vues, qui donneront à la fois une idée de l'ensemble du viaduc et de sa forme architecturale :
Fig. 35. Vue générale du viaduc de l'Indre*
J'en passe bien d'autres : tant de descriptions finiraient par fatiguer l'attention du lecteur.
Les travaux d'art terminés, vient le quart d'heure de Rabelais : ce n'est pas mince affaire, croyez-le bien. Pour vous en donner une faible idée, je vous dirai que la moyenne du prix de revient kilométrique de ces ouvrages est de 22000 francs, environ. Et notez, que dans ce chiffre sont compris les seuls travaux courants, ç' est-à-dire que les grands souterrains, les grands viaducs, dont les prix se comptent