PRÉFACE
Il y a quelques années à peine, il eut élé difficile, sinon impossible, d'écrire un ouvrage de quelque importance sur les Chemins de fer électriques. Ce n'est pas que, déjà, Ton ne se fut rendu compte des avantages remarquables de l'électricité, relativement à la traction des véhicules sur rails. Mais les efforts s'étaient concentrés à peu près exclusivement sur les tramways, qui subissaient, alors, les inconvénients bien connus de la traction animale.
La supériorité du moteur électrique se manifesta d'une façon tellement éclatante, qu'en très peu de temps plusieurs milliers de kilomètres de lignes de tramways furent transformés, donnant lieu à un mouvement industriel qui comptera dans l'histoire économique de ces derniers temps.
La lutte était facile, il est vrai, pour l'électricité. Elle le fut moins, quand on songea à la mettre en parallèle avec les divers systèmes de traction mécanique qui avaient remplacé çà et là la traction animale, pour en arriver enfin aux chemins de fer eux-mêmes et à la locomotive à vapeur, si avantageuse, à certains points de vue, et qui pouvait opposer à sa jeune rivale plus d'un demi-siècle de perfectionnements incessants.
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En ce qui concerne les chemins de fer, une difficulté particulière se présentait, d'ailleurs. Ceux-ci sont, en effet, constitués, le plus souvent, par des lignes de grande étendue, alors que les tramways sont concentrés dans des réseaux, ne dépassant pas les limites, naturellement assez restreintes, des agglomérations. Or, si Ton savait distribuer économiquement l'électricité à faible dislance, on ne possédait pas encore de système bien pratique pour la répartir sur une très grande longueur.
Ce problème est aujourd'hui résolu. Grâce aux hautes tensions, les transports de force à 100 et même 150 kilomètres sont devenus chose courante et il n'y a pas lieu d'exiger davantage pour pouvoir envisager, avec utilité, la transformation, même de certaines grandes lignes.
A fortiori la question est-elle mûre, quand il s'agit de chemins de fer se rapprochant, par certains points, d'une ligne de tramways, comme les chemins de fer suburbains el les métropolitains.
Elle Test également pour nombre de lignes de montagnes, qui trouventà côté d'elles, dans les torrents et les chutes d'eàu, une force abondante et gratuite pour produire 1 électricité nécessaire au remorquage des trains.
On peut dire, sans exagération, qu'une phase nouvelle et décisive vient de s'ouvrir pour l'industrie des chemins de fer. Et c'est en raison du grand mouvement qui se dessine déjà d'une façon si frappante en Amérique et qui ne peut manquer de s'étendre à tous les pays, qu'il nous a paru utile d'exposer, dans quelques chapitres, la situation actuelle de la traction électrique, spécialement au point de vue des chemins de fer.
Après avoir passé en revue les principes généraux qui carac-
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térisent les chemins de fer électriques, nous montrons comment, pour ce cas particulier, l'électricité peut être le plus convenablement engendrée. La circulation du courant dans les voies, sa distribution le long des lignes et l'alimentation de celles-ci, avec ou sans transformation, font ensuite l'objet d'un examen détaillé et dont l'importance se justifie par la grande variété des solutions aujourd'hui possibles. Puis le moteur électrique lui-même, base de tout système, est étudié dans son fonctionnement individuel, ce qui permet d'établir son aptitude si remarquable à la traction des trains. Le problème spécial de la traction est ensuite envisagé sous la forme nouvelle qu'il présente avec les chemins de fer électriques. Enfin l'examen du matériel roulant : automotrices, locomotives, chemins de fer divers (crémaillères, monorails, etc.) complété par quelques considérations sur l'exploitation et les dépenses montre comment, dans la pratique, on a déjà tiré parti des avantages si nombreux et si précieux des moteurs. Pour mener à bien notre travail nous avons eu souvent recours à l'obligeance d'un grand nombre de maisons de construction soit françaises, soit étrangères. Qu'elles nous permettent de leur adresser nos remerciements. Nos excellentes revues1 et celles qui, comme le Street Railway Journal, concourent si brillamment à la diffusion des idées et des méthodes américaines, ont été mises également à contribution et nous ont grandement facilité notre tâche. Enfin nous avons trouvé dans le personnel des Compagnies, où la traction électrique a déjà acquis droit de cité, autant de compétence que d'amabilité,
1 Citons, en particulier, la Revue générale des Chemins de fer, le Génie civil, l'Eclairage électrique, l'Industrie électrique, l'Électricien, etc.
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quand nous avons désiré examiner, par no us-même, les installations principales dont il est fait mention dans cet ouvrage. C'est un heureux présage, pour les grandes transformations qui se préparent, que de voir tant d'ingénieurs distingués suivre, avec un soin aussi attentif et aussi éclairé, les progrès répétés que réalise, à pas de géant, cette branche nouvelle et si importante de la traction électrique.
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