SCÈNE VII
Les Mêmes, COURTEYOIL, GINGINET, puis CLÉMENCE. [Courtevoil paraît. — Il tient la lanterne.— La scène s'éclaire.)
LUCIEN, apercevant Tapiou.
Tiens! un pâtissier... {Il le repousse.)
COURTEYOIL.
Cré mille millions de tonnerres !
GINGINET, qui est entré avec lui.
Calmez-vous, capitaine.
COURTEYOIL.
Il me le payera, ce L'Hérissard ! Nous frappons à sa porte.. . poliment !
GINGINET
Un peu fort!...
COURTEYOIL.
Fort, mais poliment... la force n'est pas de l'impolitesse...
GINGINET
Une fenêtre s'ouvre : « Qu'est-ce que vous demandez? »
COURTEYOIL.
Nous voulons voir le puits!...
GINGINET
Il disparaît...
COURTEYOIL.
J'ai cru que c'était pour venir nous ouvrir... mais le vieux carcasson nous renverse sur la tête un pot d'eau fraîche.
GINGINET
Fraîche... Vous êtes modeste, capitaine...
100 Ll'S CHKMIXS DE FER
COURTEVOIL.
Mais ça ne se passera pas comme ça!... prenez la lanterne... j'ai besoin d'écrire une note. {Il donne la lanterne à Ginginet, tire son calepin et écrit) : « Au retour, gifler L'Hérissard! »
GiNGiNET, à part.
La nourrice m'a donné son adresse... {Donnant la lanterne à Courtevoil.) Prenez la lanterne... j'ai aussi besoin d'écrire une note.
COURTEVOIL.
Pour gifler l'Hérissard?
GINGINET
Oui!...
COURTEVOIL.
Il y aura de l'écho dans son puits.
GINGINET, à part, écrivant.
« Mademoiselle Potin, nourrice tous les deux ans, à Biclieviller. » (Il déchire la feuille de son carnet et la met dans sa poche.)
CLÉMENCE, entrant du fond, àpart.
J'ai quitté le bras de ce vieux monsieur... il devenait d'une audace...
GINGINET
Ah! ma femme!... Eh bien?... et le conservateur des hypothèques?... qu'en as-tu fait?
CLÉMENCE
Je ne suis pas chargée de le garder.
Ah ! Clémence , tu es cruelle pour un vieillard ! le laisser seul... dans la rue... exposé au brouillard... Je suis fâché de te le dire... mais ce n'est pas là la mission de la femme!
CLÉMENCE
Mais si tu savais...
LES CFIKMINS Dl. FER ICI
GIN G INET.
Je sais qu'il souffre, et c'est assez! Nous allons le faire tambouriner.