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CUUES DE LA NEVA

Pour se faire une juste idée du volume d'eau qu'elle entraîne, il est utile de conn)arer la Xéva à un autre fleuve. La comparaison que propose le général Destrem porte sur le Nil, jaugé en 1800 par Girard. En eaux ordinaires, le fleuve d'Egypte a, au-dessus du \H)inl où il se divise en deux branches, un débit de 617 mètres cubes. Le débit de la Neva est donc plus que quintuple de celui du Nil. Au Caire, la vitesse du Nil n'excède pas 58 centimètres. Aux environs de Pétershourç , c'està-dire à quelques |>as de son embouchure, la Neva atteint en certains points une vitesse de 0"',91 *.

Les crues de la Neva sont causées jwr la variation du niveau de la mer sous l'action du vent. A Pétersboui^, les vents les plus fréquents sont le vent d'ouest et le vent de nord-est : le premier souffle dans la direction du golfe , le second suit la dépression occu}x»e parle lac Ladoga. L'été, ces deux courants d'air, traversant des es})aces couverts d'eau, se charçent plus ou moins d'humidité et amènent des nuages et de la pluie. L'hiver, le lac Ladoga est entièrement gelé, mais le golfe n'est solidifié qu'à une soixantaine de verstes de Pétersboui'g : le vent d'ouest arrive donc encore charçé'de vapeurs et à une température assez élevée pour produire h* dégel, tandis que le vent du nord-est n'y j^arvient qu'à une basse température et à l'état sec. Pétersbourg se trouve ainsi pendant l'hiver dans une situation comparable à celle des villes du centre de la Russie, tant que le vent ne vient pas de l'ouest : de là résulte que, suivant la direction prédominante des vents d'un hiver à l'autre, la température y varie du dégel à 25 ou 50® au-dessous de zéro.

Quand la Neva n'est pas encore gelée, le vent d'ouest amoncelle les eaux de la mer à son embouchure, et y produit des crues qui peuvent atteindre jusqu'à 16 pieds d'élévation (4",87). Or, à 7 pieds (2"',13) de hauteur au-dessus de Tétiage, le plan d'eau se trouve à peu près au niveau des quais de Pétersboui'g. Une crue de 16 pieds envahit donc toute la ville. Aussi des mesures de }>olice sont prises pour atténuer, autant que possible, les effets d'une inondation générale. Dès que la Neva dépasse un certain niveau, des signaux sont mis à la tour de l'Amirauté, ix)inl de concours de trois grandes rues rectilignes'; si l'eau continue à monter, on l'indique par des coups de canoii répétés à certains intervalles. Lorsque enfin la crue atteint 7 pieds, les habitants des soubassements des maisons sont tenus de

^ D*autres auteurs donnent pour le Nil en basses eaux 782 mètres cubes. Pente du lit, au Caire, 0"',i4 pr kilomètre. Hauteur des crues, 6^,60. On ne peut pas comparer le débit de la Neva en bautes eaux au débit des autres fleuves en crue, parce que les crues de la Neva proviennent principalement du reflux de l'eau du golfe el cbangent la hauteur du plan d'eau sans altérer le débit.

* la perspective iVf/ifci, la rue des Pois (Goro^ovaûi aufiY^),et la perspective K(9SHecd««fc« ou de TAsc^nA/ow.

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