‹ Les Chenilles Venimeuses Et les Accidents éruciquesChapitre 40 sur 65 · IMMUNITÉ ACQUISE · texte numérisé non relu

IMMUNITÉ ACQUISE

Nous ne connaissons pas d'expérience relative à l’immuni-

sation vis-à-vis des chenilles venimeuses, mais dés recherches SN ont été faites avec le venin des hémynoptères, également riche en acide formique.

Dold (1917) a essayé de vacciner des lapins en leur instillant tous les cinq à six jours, sur la conjonctive d’un seul œil, deux gouttes d’une solution forte de venin d’abeilles. Après quarante-cinq jours de repos, il n’a constaté aucun résultat appréciable. Cependant, on sait que beaucoup d’apiculteurs (71 % dans une étude de Phisalix) acquièrent à la longue une résistance plus ou moins grande. Il faut, semble-

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t-il, un nombre élevé de piqüres ; tel est l'exemple d'immunité acquise par G. Walker, avec vingt piqüres en trois semaines (1).

: On peut aussi acquérir l’immunité contre les piqüres de moustiques par accoutumance.

Les résultats obtenus peuvent donc paraître contradictoires ; ii faut les interpréter, d’après M. Phisalix, en admettant deux degrés d’immunité acquise : au degré inférieur, celle-ci se traduit par la disparition des symptômes généraux; au degré

. supérieur, on constate de plus que les accidents locaux sont

moins intenses et de moindre durée.

Or les affections éruciques, sauf chez les sujets présentant un terrain favorable, se traduisent par des symptômes locaux ; il faudrait donc, pour obtenir l’immunité, provoquer de nombreux accidents dans un temps assez court.

L'exemple du malade de Frèche (Obs. XVII) et celui des nombreuses personnes séjournant soit à Arcachon soit dans d’autres stations d’hivernage, paraissent confirmer qu'il faudrait de multiples infections pour aboutir à un résultat utile

et l'immunité relative des ouvriers landais parait s'expliquer

surtout par la résistance de la peau, durcie par le travail manuel et la vie au grand air. at

* Aucun accident d’anaphylaxie n’a été signalé, ce phénomène se produit avec les poisons contenant des substances colloidales et son absence vient à l’appui de nos conclusions relatives à la composition du venin des chenilles. Toutefois on a constaté que certains sujets devenaient, à la suite d’un premier contact, très sensibbles à la piqüre de divers insectes (guêpes, etc...) dont le venin ne paraît pas davantage renfermer

(1) Darin: Gazette des Hôpitaux, 18 mars 1875.

48 toxalbumines. Il est diréiles de ae en ce qui concerne les chenilles, si les” accidents plus ou moins | raves qui sont constatés, ne sont pas consécutifs à une premièère infection

bénigné et passant d'ordinaire ifapergie ie ire tee

L’immunité acquise parait constituer une simple. accoutumance, comparable en tous points au mithridatisme, résultant de l'absorption de doses croissantes d’un poison: minéral par le tube digestif. fe th < nu poe artnE be

L’acquisition de l'immunité à ce prix est peu intéressante

au point de vue de la prophylaxie et il ne saurait non plus être question de traiter les accidents éruciques en évolution

à l'aide d’un sérum antivenimeux. FL 1907

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ES bob: Prophylaxie

En cas d’invasion de chenilles urticantes, le plus urgent est de procéder autant que possible à leur destruction; il convient de prendre en même temps toutes précautions utiles 4 pour éviter les accidents éruciques; ces précautions seront 1 | le plus souvent individuelles, mais il peut devenir nécessaire = de prendre des mesures d’ordre public.

; $ 1°. — DESTRUCTION DES CHÉNILLES

Autrefois, on avait recours aux exorcismes et aux réquisitoires. On trouve dans l’histoire, du Xr1° jusqu’au Xvr1° siè- ; cle, la relation de nombreux procès intentés contre les che- : nilles; depuis on a édicté des lois et des règlements, mais

leurs injonctions s'adressent aux propriétaires des bois et des vergers infestés.

En France, la première loi d’échenillage remonte à 1832; le texte actuellement en vigueur, en date du 21 juin 1898 (art. 76 et suivants), donne au Préfet, après avis du Conseil général et de la Chambre d'Agriculture, et sous réserve de 1% l'approbation du Ministre de l'Agriculture, le pouvoir d’édicter les mesures nécessaires contre les insectes nuisibles. Toutefois, dans les bois et forêts, ces prescriptions ne sont applicable qu’à une lisière de 30 mètres.

Nous n’insisterons pas sur les procédés de destruction des

chenilles urticantes en général; suivant les circonstances dans

tduelie s’accomplit le cycle évolutif de l’insecte, il peut

être indiqué de détruire les œufs, les larves, les chrysalides ou l'insecte parfait.

Le procédé de la désbmmction D Pine le plus élégant et

le plus étudié actuellement consiste à favoriser, et à hâter par des moyens appropriés, la multiplication des parasites animaux ou végétaux de l’envahisseur.

Les moyens de destruction des Cnethocampa sont plus intéressants à exposer en raison de la répercussion que peut .

avoir le procédé employé sur la santé des ouvriers.

On s'attaque généralement aux nids: le feu a été utilisé de différentes manières avec un médiocre succès par Pissot, au Bois de Boulogne, et par Rohr, à Fontainebleau. Le premier tenta l’arrosage à l’eau de savon, procédé onéreux et peu pratique. Les essais de destruction par l'acide sulfureux, par la vapeur d’eau, la naphtaline restèrent sans résultat et finalement Pissot employa l'huile lourde, étendue d’eau à 1 pour 25, projetée avec petite pompe foulante. Calas se servait de pétrole, qu'il faisait déverser dans les nids avec un appareil spécial.

Le plus souvent, on se contente de détacher les bourses et de les détruire, mais cette opération, pratiquée lorsque le développement des chenilles est avancé, est désastreuse pour les ouvriers, qui doivent bientôt renoncer au travail. Au contraire, avant les dernières mues, la récolte des nids est peu dangereuse; Brugnatelli a décrit un instrument qui permet de couper les rameaux portant les nids; nous avons eu l’occasion de faire pratiquer cette destruction en Algérie par des tirailleurs algériens qui montaient aux arbres, arrachaient

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les bourses et les plaçaient dans des trous creusés au pied des pins pour recouvrir ensuite les Fhenles d’une épaisse couche de terre. Ë

Fabre conseille de rechercher les pontes qui se trouvent

sur les aiguilles des branches inférieures des pins et de les écraser. Cette opération, facile dans les jardins, exigerait de longues recherches dans les forêts étendues.

Lors de l'invasion de Cn. pinivora, signalée dans une forêt des environs de Rouen, on pratiqua un écobuage qui permit de détruire les cocons.

On pourrait enfin tenter la destruction biologique :: Dufrenoy a montré que les chenilles de Cn. pityocampa sont parasitées par deux tachinaires, par des bactéries et surtout par

des muscardines momifiantes, parmi lesquelles les Beauveria constitueraient sans doute les agents destructeurs les plus

utilisables. | F +9

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