OBSERVATIONS
1° Dermatoses
causées par la Processionnaire du chêne
OBSERVATION I De Réaumur (Mémoires sur les insectes, t. IT, 1736, p. 191)
Ce ne fut qu'après avoir bien observé les nids de processionnaire que je m'aperçus que je les avois trop maniés. Je sentis à mes mains, au poignet, et principalement entre mes doigts des démangeaisons cuisantes et qui le devinrent de plus en plus; peu après j'en sentis de pareilles à plusieurs endroits du visage et surtout à un de mes yeux qui, au bout de quelques heures, se trouva dans le même état que si j y avais eu une fluxion. Les paupières, tant la supérieure que l’inférieure, étoient ÉATAIREES : je pouvois à peine les ouvrir à moitié.
Jé ne fus quitte de mon espèce de fluxion sur l'œil qu’au bout de quatre ou cinq jours. J'eus des doigts où je ressentis des douleurs cuisantes pendant un aussi long temps; je les lavai pourtant avec tout ce que je pus imaginer, avec de l’eau fraîche, avec de l'eau-de-vie, avec de l'huile. Rien de tout cela ne parut amortir la cuisson.
Piteure personnes qui étoient à la Rs avec moi Mmanièrent ces mêmes nids, mais moins que j'avois fait; elles eurent
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À aussi des démangeaisons dont elles furent plus tôt quittes, elles FRANS leur durérent pourtant deux jours.
i Pendant que je défaisois avec ma canne un ‘de ces Fee qui
étoit posé seulement à quelques pieds de hauteur, il est arrivé quelquefois que les environs étoient très éclairés du soleil; dans les endroits éclairés je voyois voltiger des milliers de petits corps qui étoient pourtant beaucoup plus gros et en plus grand nombre que ceux qu'on voit au milieu des rayons de lumière qui entrent dans une chambre obscure; c’étoient sans doute les poils courts ou les fragments de poils dont l’attouchement est capable d’exciter sur la peau, des €lévations accompagnées de démangeaisons cuisantes… |
{: Le dernier remède que j'ai éprouvé pour me délivrer des
j 6 démangeaisons cuisantes que ces nids m’avoient causé m’a bien réussi. Pendant quelques minutes je frottois rudement de persil les endroits douloureux, les cuissons furent adoucies sur le champ et j'en fus entièrement quitte au bout de deux où trois heures, sans avoir recours à de nouvelles frictions.
OBSERVATION II Ch. Morren (Bull. Acad. royale de Belgique, 1848, p. 119)
Le 31 juillet 1848, un de mes enfants m’apporta le matin un vase rempli de cocons AE lequel un Bombyx (Cnethocampa) processionea était passé à l’état parfait, il ouvrit un instant le vase, mais la vivacité avec laquelle je lui ordonnai de fermer n'empêcha pas les effets désastreux de se manifester : une demiheure après cette opération, mon fils eut tout la figure bouffe, rouge, couverte de pétéchies ou plaques empourprées: c'était une phlegmasie bien caractérisée. Le bord des yeux était la partie la plus malade, le cou fut pris de même et les bras furent entamés. Une démangeaison cuisante s’étendit sur toutes les parties affectées. Quant à moi, je fus pris de la main et du bras gauche, le côté vers lequel s'était trouvé le vase au moment où il fut
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pue | ds LOUE QE CR S | ouvert. Malgré cet avertissement, mon fils ainé, voulut expéri- Dre menter par lui-même; il fut pris une demi-heure après au menton et à la gorge et aux mains. Quant on ouvrait le vase,
rc: l'avant-bras un de ces flocons en le suivant en l'air; une demi-
à - heure après la cuisson arriva, la peau se rubéfia; M°° Morren,
4 qui avait reçu le flocon sur l’avant-bras, fut aussi prise au menton ÿ et au cou par le mal, mais beaucoup moins qu’ au bras, La phleg- En: masie se maintint deux jours dans ces limites, mais le troisième tout le corps fut envahi de pétéchies rouges, il y éut un mouvement fébrile. Nous laissâmes agir la nature, le CARETSE jour les phénomènes morbides étaient passés.
1 Chez mes enfants, l'inflammation a cessé au bout du deuxième ! ou du troisième jour.
Eee # OBSERVATION Ill n 1 Echo du Nord (1877). D’après POoURQUIER
Le fils d'un cultivateur de la commune de Beurry (Nord), après avoir séjourné quelque temps dans le bois de Marchiennes, qui est actuellement désolé par une quantité considérable de % chenilles appartenant au genre Bombyx (1), est rentré chez ses D parents éprouvant des démangeaisons intolérables. Plusieurs parties de son corps se sont enflées rapidement et se sont couvertes
de vésicules très épaisses.
Ce jeune homme est mort le lendemain après d’atroces souf-
frances.
(1) Cnethocampa processionea sans aucun doute, car la forêt de Marchiennes est un taillis sous futaie avec de nombreux chênes en réserve. (Note de l’auteur.) -
on en voyait sortir des flocons nuageux. Ma femme reçut sur!
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as OBSERVATION IV
F. Bazzer et P. LecoRNU (Annales de dermatologie et de syphiligraphie, 1901, p. 625)
L.. A. âgée de 45 ans, se présente à la consultation de l’hô-
pital Saint-Louis. Le lundi 27 mai 1901, au cours d’une promenade dans la forêt de Bondy, cette dame s'endort sous un arbre; après trois heures de sommeil, elle se réveille couverte de chenilles, longues, jaunes et à longs poils, qui sont étalées sur ses
vêtements, ses mains et la moitié droite de sa figure. En rentrant
à Paris elle éprouve de très vives démangeaisons à la figure et aux mains et y voit apparaître des taches rosées surmontées d’une petite vésicule. La nuit et les jours suivants, le prurit devient plus violent, de nouvelles taches apparaissent et, sous l'influence du grattage, quelques vésicules laissent suinter un liquide roussâtre. Enfin l’amélioration étant assez lente, la malade vient consulter, le jeudi matin, à l'hôpital Saint-Louis. On observe encore une éruption siégeant seulement sur les régions découvertes, les mains et la partie inférieure des avant-bras, la moitié
droite de la face et du cou et de la nuque. Les éléments qüi la
constituent sont bien visibles surtout aux mains et aux avantbras, où ils sont assez nettement isolés (Voir PI IV). On observe à ce niveau des papules surélevées d’un rouge sombre, dont le centre est vésiculeux et légèrement déprimé. Quelques-unes de ces taches sont disposées en trainées:; les plus grandes ont à peine le diamètre d'une pièce de cinquante centimes. Cà et là, entre elles, il existe quelques vésicules assez petites remplies d'un liquide transparent. Tous ces éléments sont lé siège d’un violent prurit.
À la face, il existe des éléments analogues mais moins nets par suite de la confluence de l’éruption; c’est ainsi qu’au pourtour de l'oreille la peau est seulement gonflée, rouge et comme chagrinée par suite de la présence de nombreuses petites vésicules.
Au cou il existe encore quelques petits éléments, mais on observe surtout de nombreuses traces de grattage.
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Charles pu Bois (Revue médicale de la Suisse romande, 1908, p. 632)
M”° A. 38 ans, est atteinte subitement d’une poussée urticarienne sur le côté droit du cou; l’éruption très prurigineuse s'étend pendant la matinée à la joue droite et descend même sur : l'épaule sous forme de grandes plaques surélevées que la malade gratte continuellement. Un médecin consulté prescrit le calomel à l’intérieur avec un régime sévère. L'éruption continue à s’étendre er nous voyons la malade au quatrième jour de son affection. Tout le côté droit de a face, du cou et du thorax est couvert d'une éruption nettement urticarienne. L’interrogatoire nous ap-
prend que la veille du début, étant assise dans un jardin public, ‘Ja malade a retiré de son col, du côté droit, deux chenilles poilues |
tombées d’un arbre: le soir même des démangeaisons violentes : avaient provoqué des frictions énergiques sans que rien d’anor-
ñ #; , . . / 2 mal apparût sur la peau. Quelques lotions d’eau vinaigre gué-
rirent la malade en douze heures.