‹ Les Chenilles Venimeuses Et les Accidents éruciquesChapitre 8 sur 65 · LA AT · texte numérisé non relu

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poils bruns foncés rappelant l'appareil venimeux des autres

| processionnaires.

1° Cn. procéssionea ou Processionnaire du chêne (PI. 1-3). — La chenille de ce Lépidoptère atteint à son entier dévelop-

pement 30 à 50 m/m de longueur. Très velue, blanchâtre

sur les flancs, noirâtre sur le dos, elle porte, sur chacun des

segments 4 à 11, des miroirs entourés de bourrelets apparaissant à l’œil nu sous forme des macules transversales jaunes bordées de petites excroissances d’un brun rouge. |

Le papillon pond en automne sur l'écorce des chênes; l'éclosion a lieu au mois de mai et dès le début de juin; les jeunes chenilles se tissent un nid commun où elles muent jusqu'à quatre fois; elles filent leur cocon à l’intérieur de cet abri et le papillon éclot en juillet-août; cependant il arrive, d’après Pissot, que certaines chrysalides ne donnent leurs papillons que la 2°, 3° ou même la 4° année.

Le nid, formé de fils d’une soie grossière, ressemble à un sac arrondi aux deux bouts; il est fixé contre le tronc, parfois à une branche d’un chêne, souvent en lisière de la forêt. De même couleur que les lichens, cette bourse se éonfond avec les bosses de l'arbre et il est difficile de l’apercvoir. L'intérieur est divisé en plusieurs compartiments par des toiles serrées, mais l'enveloppe extérieure ne présente qu’une seule ouverture. Après le départ des habitants, le nid reste rempli de mues et de déjections.

Chaque jour, vers le coucher du soleil, les chenilles sortent

de leur refuge pour chercher leur nourriture; on rencontre

aussi quelquefois des processions diurnes. Réaumur décrit ainsi l’ordre de marche: « Il y eut une chenille qui se mit « en mouvement, une seconde la suivit en queue, une troi-

pa % |

« sième suivit celle-ci et ainsi de suite, étant si proches que « la tête de la seconde touchoit le derrière de la première.

« La file étoit partout continue, elle formoit un véritable « cordon de chenilles, sur une longueur d'environ deux

« pieds, après quoi la file se doubloit, deux chenilles mar- « choient de front, mais aussi près de celles qui marchoient

« une à une. Enfin il y en avoit des rangées de 5, d’autres

« de 6, 7, 8 chenilles. Celles d’un rang étoient toujours si « proches les unes des autres, qu’elles paraissoient appli- « quées les unes contre les autres parallèlement à leur lon- « gueur. Cette troupe si bien ordonnée étoit conduite par « la première: s’arrêtoit-elle, tout s’arrétoit: recommençoit- « elle à marcher, tout se mettoit en mouvement et la suivoit « exactement. »

« La tête de ce petit corps d’armée est toujours angulaire, le reste est tantôt plus, tantôt moins développé. »

‘Un fil conducteur est laissé sur la route pour guider le retour.

Ces chenilles causent d'importants dégâts en mangeant les feuilles des chênes. L'espèce est répandue dans l’Europe centrale et existe jusqu’en Turquie, en Italie centrale et en Espagne septentrionale. On cite des invasions en Belgique et en Hollande (d’Aïlly, Van Haal, Stepp, Morren).

Cet insecte est plus rare dans l’est que dans le centre de la France et surtout que dans la région de Paris. Les invasions les plus connues sont celles des environs de Troyes (Jourdheuil, 1860) du bois de Boulogne (Pissot, 1865), de l'Aube, Yonne, Côte-d'Or (1905-1906).

2 Cn: Pityocampa ‘Schiff. ou Processionnaire du Pin (PL I:5). — La larve de cette espèce est la « Chenille du

Pin » ou « Ver du Pin » des anciens auteurs. Le papillon pond sur les branches inférieures ou sur les aiguilles des pins. La jeune large, qui éclot généralement en septembre, est jaune pâle avec une grosse tête noire; après la per mue apparait l’ébauche de l'appareil veénimeux sous torme de petites plaques dorsales d’un rouge groseille. Vers janvier, après la seconde mue, la chenille est d’un beau noir, quelquefois bleuâtre (1) sur le dos et les côtés ; les poils sont les uns blancs, les autres roux ; les miroirs ont pris l'aspect définitif et forment des macules jaunes. Dès leur naissance les jeunes chenilles commencent à filer mais les bourses cons- -truites en été, très légères, de faibles’ dimensions, ne sont

que des abris provisoires accrochés aux rameaux des pins;

le nid définitif est construit en automne. Vers la fin de l’hiver il atteint, suivant l'expression de Fabre, « le volume

d'une paire de litres ». C’ést un grossier ovoide qui s’atténue -

vers le bas et se prolonge en une gaîne enveloppant le ra-

Imeau support.

C’est par cette gaine, en col de bouteille, que les chenilles descendent chaque soir pour aller chercher leur nourriture, Sur l'arbre même qui porte le nid. Cependant, de temps à autre, la colonie se rend à terre sans que l’on puisse exactement expliquer le but de ces excursions. La procession a lieu en file indienne, sur un seul rang, en cordon continu; exceptionnellement il y a deux chenilles de front.

La chenille de tête émet en marchant un fil de soie que

la seconde double de son propre fil et ainsi de suite; chaque

chenille suit exactement le fil, huit pattes d’un côté, huit de

(1) Larva pilosa cœrulescens maculis dorsalibus flavis, capite atro. (Fabricius. )

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l’autre. Il reste ainsi un ruban de soie que la procession sui-

vra au retour. -

Au moment de se chrysalider, de mars à mai suivant les

localités, les Pityocampee forment une dernière procession pour descendre de l'arbre qui les a nourries et aller chercher

dans la couverture morte de la forêt un endroit propice à la. métamorphose qui s'opère dans un cocon fait de poils, de

fils de soie, et de parcelles de terre.

Cette processionnaire vit sur tous les pins d'Europe, mais elle paraît préférer le pin noir et le pin sylvestre aux autres espèces (Calas). is

G. Fabre a remarqué que, dans les Cévennes, cette chenille ravage plutôt les forêts sur sol calcaire que les massifs sur sol siliceux ; cependant, sur les sables de la région landaise, où le pin maritime occupe des surfaces considérables, la Cn. Pityocampa abonde; on lui donne même dans ce pays le nom de Processionnaire du Pin maritime. L'espèce est très répandue dans toute l’Europe méridionale; elle existe en Asie Mineure et dans l'Afrique du Nord, où elle s'attaque quelquefois au cèdre. En Corse, elle vit aussi sur le pin laricio. En France, on a signalé des invasions vers le Nord jusque dans la Sarthe (1021, Aubert in litteris), aux environs de Gannat et de Beaune. En montagne, la processionnaire

du pin peut s’élever assez haut, jusqu'à 1.000 mètres dans le Valais (Barbey). ;

3° Cn Pinivora Tr. (PI. I-4). — Cette chenille atteint 30 à 35 m/m, elle est noirâtre sur le dos et les flancs, verdâtre sur la face ventrale. L'appareil venimeux se pré-

sente sur les anneaux 4 à 11 sous l’aspect de macules jaunes.

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On distingue sur chaque segment cinq points rouges portant des touffes de poils jaunes.

L'évolution est variable; la larve éclot généralement au printemps et se chrysalide en septembre; l'hiver est passé sous terre à l'état de nymphose et le papillon vole en mai-juin; quelquefois l'éclosion a lieu en automne. Ces chenilles ne confectionnent pas de nids soyeux, elles se réunissent en paquet à l'intersection des branches pour opérer leurs mues; les processions de Cn. pinivora, circulent sur un à trois rangs.

L'espèce est répandue dans les forêts de pin sylvestre de l'Allemagne du Nord, de la Saxe; on l’a aussi observée dans

la région de Petrograd et dans le sud:de la presqu ile scan- ”

diriave. Une invasion a été signalée aux environs. de Rouen, dans la forêt de Brotonne, en 1905.

b) Genre Harpya O. — L'espèce qui sera décrite, rangée par Hoffmann dans le genre Harpya, est maintenant classée dans le genre Dicranura Bsd. sous le nom de D. zinula L. ou Grande Queue fourchue (PI. I-11). La larve est glabre, de couleur verte, avec une sorte de manteau vineux bordé de blanc. À l’état de repos, elle rentre la tête sous le premier anneau comme sous un capuchon et relève la partie postérieure du corps terminée par deux appendices fistuleux cornés. Dès qu’elle est inquiétée, la chenille agite la tête et sort de sa fourche caudale deux filets charnus rouges ou orangés qu’elle porte vers les différentes parties du corps. Fabricius écrit au sujet de cette espèce et d’une autre voisine, le D. fur- cula « Cauda longa duplici vibrant terrent que Bombyx vinula, furcula », mais il ne mentionne pas l'appareil à venin qui débouche par une fente transversale sur la face ventrale

Fe | ; acrem expuens ) ) (Linné). ICetre Queue-Fourchue vit aux

dépens des he des peupliers et des saules, d'août à

È % hs rss Ca CRT CS * + ”, LA ete A SR LR UE PIN LT SE CVS

du prothorax de ces insectes « e rima sub capite humorem kE

“octobre : la chrysalide très dure, cachée dans les gerçuers j re :

des é‘orces, laisse sortir l'adulte à la fin d'avril; Ja ponte a lieu en juin. je Il existe plusieurs espèces de « Dicranura », mais celle

rh Fra ‘qémientid'ètre es Le est la plus connue: dans l'Europe. GCOis 2

dentale. ji j ES HTAUES

LE: PARLE DES LIPARIDÆ. — -a) Genre Liparis. — Le genre Liparis, connu par plusieurs de ses espèces très nuisibles aux arbres des vergers et des forêts, a été plusieurs fois démembré, il en résulte une synonymie assez complexe qu'il est nécessaire de résumer avec l'indication des noms français les plus usités :

ns chrysorrhæa L.) Liparis chrysorrhea.: Euproctis chrysorrhæa EL. Cul-brun.

M Nygmia phæorrhea Don..

Liparis auriflua F.. Porthesia auriflua F.. .. Cul-doré. Liparis similis F... Porthesia similis F....... Liparis Salicis 1... Leucoma Salicis L...... 2 Ocnenadispar In 2, Spongieuse

Liparis dispar L... APE ; Lymantria dispar L...... ou Zigzag.

Liparis detrita Esp. Ocneria detrita ETS NE A PR monacha L:....

Liparis monacha L..!Psilura monacha L...... Nonne. Lymantria monacha mi } Les trois espèces les plus intéressantes au point de vue des accidents éruciques seront seules sommairement décrites :

1° Porthesia chrysorrhæa, Cul-brun (PL. I-8). — La che-

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