SCÈNE IX
PAMPHILE, TAMPONNE, CORNALINE, FRIQUETTE , PALMYRE, MARJO- LAINE, CLARA. (Elfe* sont toutes têtues en Péruviennes et sortent de la maison.)
CHOEUR.'
A» : Pour moi quel plaisir, (Maîtresse de langue,.) Vraiment,
C’est charmant I Rien de plus élégant l Des plumes Pour tous costumes !
Ce léger duvet Est coqnet,
Et quoique peu discret,
Cet habit me plaît t
• Cornaline, Friquana.ciatn, Palmyre, MerfeMne, Tamponne, Pamphile, au plan.
raïQorrrt.
On ait jolie, et ton» étude,
Grèce à cet habit aéduitant!
coaniLin.
Etre sauvage, c'eut plaisant.. .
Quand on n'en * pal l’hibitude.
toutes, allant et tenant.
Sauvages, noua !... Vraiment I ah I c'est pleiiant 1 Vraiment
C’est charmant! ete.
Elle» i arrêtent.
tamponne*. On dirait que nous sommes à l’Opéra, et que nous jouons Ferdinand Cortcz... A notre retour h Paris, faudra mettre ces costumes-là à la mode... ça fera fureur!...
pamphile, se montrant et descendant.
Oh! oui! vous ferez fureur! Fanatisme!
toutes , arec frayeur et s'éloignant à droite et à gauche". Ah I...
PAMPniLE. Délicieuses'.., charmantes !...
évanouissantes!... mais il me semble què vous n’étes pas au complet.
cornaline. Non... il y a cette petite chipie d'Adrienne, qui fait des manières, sous prétexte qu'il ne lui reste pas assez de plumes. .. Elle cherche dans vos hardes.
friquette. Elle a peut-être les genoux en dedans.
marjolaine. Elle trouve le costume trop décolleté. "
pamphile. Il vous va à ravir. Et maintenant, jolis oiseaux de paradis, veuillez me prêter vos petites oreilles... Je suis un ambassadeur extraordinaire, chargé d’une mission près de vous.
tamponne. Lue mission!
pamphii e. Oui, mesdemoiselles. Vons allez en Californie, n'est-cc pasî... Vous êtes des chercheuses d’orî cornaline. Nous l'avouons.
pamphile. Eh bien ! si, au lieu d'aller gratter la terre avec vos jolis petits doigts et clapotter dans l'eau aveu vos jolis petits petons pour chercher des paillettes qui ne se trouvent p « toujours sons le pied des colons... si, dis-je, vous trouviez cet or ici f friquette. Il y a de l’or ici T pamphile. A remuer à la pelle, et cet or, je suis chargé de le mettre à vos genoux.
oornalinb. En vérité, vous seriez assez galant?..
pamphile. Ce n'est pas moi... mais le
Palmyre, Friquette, Cornaline, Tamponne, Clara, Marjolaine, Pamphile, an Jw» p'an.
" Palmyre, Friquette, Cornaline, Pamphile, Tamponne, Clara, Marjolaine.
LËS CHERCHEUSES D’OR.
propriétaire de cet immeuble... celui qui tout à l'heure était ici.
tamponne. Quoi! ce h’ond ardent?
PAMPHILE. Cites carotte et n’en parlons plus. Eh bien! oui... le crésus n’est pas spirituel, mais c’C't le veau d’or, et on adore ces animaux-là... Il n’est pas beau, mais il a une mine superbe... un (lion d’or à n’en plus finir... et il vohs offre ses richesses avec un cœur volcanique par-dessus le marché.
cornaline. Comment 1 il voudrait choisir mie de nous?
PAMPHILE. Choisir... ce serait bien difficile.
FRltJbÉtTE. Il n’a pas la prétention de nous épouser toutes?
Pamphile. L)àm ! si c’était praticable...
toutes. Ah! par exemple I ( Elit» t'éloignent de lui.)
* pamphile, à pari. Tàtons-les.. . diplomatiquement.
cornaline, te rapprochant ainsi que scs compagnes. Voyons, monsieur...
Pamphile, l’ampbile... Pamphile Crou pionnet.
cornaline. Eh bien, monsieur Pamphile, ûe finassons pas.
tamponne. Parlons peu... z’et parlons bien. .
friquettk. Est-ce une ouverture ?
PAMPHILE. C’est officiel.
TOUTES. Ah! alors... ( Elles te parlent bat.)
Pamphile, à pan. Ma foi, ne brusquons rien, et faisons d’abord tnon petit choix particulier.
tamponne. Voyons, voyons, nous disons donc que le bourgeois veut Une compagne qui embellisse ses jours et lui aide à manger son saint-frusquin.
PamphilE. Une compagne... on...
MOQUETTE. Eh bien ! qu’il se prononce !
Pamphile. Ünïn-tant!.. nous n’en sommes encore qu’au chapitre des informations.
( Tirant de sa poche un petit calepin sur lequel il écrit.) Voyons, les noms d’abord ?
cornaline. Cornaline!
tamponne. Tamponne!
FRIQUETTE. Friquette!
marjolaine. Marjolaine !
Clara. Clara !
palmyrk. Palmyre 1
pamphile , écrivant toujours. Bien. Le lieu de la naissance : Papbos. — L’âge : celui des amours. --Signes particuliers : beauté. toutes, arec étonnement. Ah!
pamphile. Maintenant, qualités et caractères... Voyons, mesdemoiselles, de la franchise... Que savons-nous faire?., quels sont nos petits latents de société? Pas de fausse modestie.
friquette. Voyons, mesdemoiselles, à qui la pomme?
tamponne. A qui les lingots ?
cornaline. A qui le veau d’or?
CHOEUR
Air : La clé, la clé.
C’est moi, c'est moi qu'il choisira ;
Faisons valoir mes avantages.
Pour noua, en fait de mariages,
Jamais rien d’ mieux ne 9 ’offrira.
Elle $ remontent.
F A UPS ILE,
Commençons donc.,»
A Marjolaine.
A vous, ma belle.
marjolaine, s'approchant de lui. 9 Moi, monsieur, en fille de bien,
A mon mari je s’rai fidèle.
pamphile, d part, écrivant sur *ow calepin.
Connu, cela n’engage à rien.
Bas d Marjolaine.
C’est vous, c’est vous qu’il choisira •
Vous avez droit à ses hommages,
J’inscris ici vos avantages.
Et j’ajout’ même et cœlera.
Marjolaine remonte. Appelant,
Clara! Etiquette!
CLARA
Moi, je rêve, Finie inquiète,
Un chaste cl platonique amour.
"VlUQl'ETTK.
Moi, je suis un’ vrai’ Rigolette...
J’ ris comme un’ foll’, tant qn’ dur' le jour. pamphile, dérivant, bas d Clara et d Fri quitté. C’est vous, c’est vons qu’il choisira, etc.
Friquette et Clara remontent, appelant.
Palmyre!
palmyrs, descendant Moi, jn suis un' femm* de ménage:
J’aiin’ les poulets, j’&ioi* les dindons ;
J’ m’occupe aussi du jardinage,
Et j’ sais comment on soign* les m’Ions.
pamphile, écrivant, bas d Palmyre.
Pour le soigner, il vous prendra,
Vous avez droit, etc.
ralmyrc remonte. — Appelant .
Cornaline !
•Pamphile, Marjolaine, an I e ' plan; Palmjrre, Friquette, Cornaline, Tamponne, Clara au î« plan.
*' Friquette, Pamphile, Clara, an l* r plan; Palmyre, Cornaline, Marjolaine, Tamponne, au 5 ro * plan* Palmyre, Pamphile, au plan ; Cornaline, Friquette, Clara, Tamponne, Marjolaine, au S** plan
CORSAUSS, descendant.'
Dans loua les hais, moi, l’on m'encense,
Dès que j" parais, je fais fureur;
On monte sur les chais’s quand je danse,
D un coup d’ pied j* décoilT mon danseur.
ElU donne un coup de pied à Pamphile.
pà xi- in i.r, écrivant, bas à Cornaline.
C'est vous, c’est vous qu'il choisira, etc.
(Cornaline remonte. — Appelant.) Tamponne!
tamponne." descendant. Aux derniers les bons!... Moi, mon garçon, je les enfonce toutes... Tout ce qu'elles tous ont dit là, je le fais... et de plus e boxe, je joue le mélodrame, je fais de la pâtisserie, tout le tremblement, quoi !
Suite de l'air.
EoGu, sans qu’ jamais rien ne m’ lasse,
J’ galopp', je nage, j’ fais les cent coups...
Je donn’ du cor... du cor de chasse...
Et j' Wm’ des cigar’s à cinq sous,
ENSEMBLE
pampbilc, éfriranf, bat d Tamponne.
C’est tous, c’est vous, qu'il choisira, etc.
LES FEMMES, rcdfscciulonf.
C est moi, c’est moi qu’il choisira, etc.
Pamphile, ferrant un calepin. *** Bravo!
mes enfants, tout ça est bien gentil, c’est attrayant, cest irrésistible; mais il y a encore quelque chose.
TOUTES. Comment?
Pamphile. Oui, il reste un point irès-délicat à établir. li s’agit de savoir si vous n’avez pas... ou plutôL.. si... vous avez...
TOUTES, sc détournant un peu. Quoi?
PAMPHILE. Dame ! c’est très-difficile à formuler. .. Aussi je vais employer une ligure.,. Ecoutez bien. . .
Air: Ses yeux disaient tout le contraire .
Voua rappelez, voua comme moi La bergère dont la vaillance,
Aux yeux de l’Europe en émoi,
Des Anglais délivra la France?
cornaline, parlant. Connu ! connu !