‹ Les chevaliers du Brouillard drame a grand spectacle, en cinq actes et dix tableauxChapitre 30 sur 101 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

Les Mêmes. JONATHAN. DAVIES.

DAVIES, è JoDilbaa.

Par ici, monsieur.

SIR ROWLAND, roolrtM es acioa.

Qu’y a-t-il?

DAVIES

Voici la personne que vous attendiez.

(Il Mit.)

SIR ROWLAND, («Tenant U iMn.

C’est vous, monsieur, qui m’avez écrit pour me demander un entretien?...

JONATHAN

C'est tnoi, milord... Vous ne me connaissez pas, à ce que je vois... mils je vous connais, moi.

SIR ROWLAND

Ah! en vérité !... Je vous écoute...

(Il lui tait signe de a’a»*o*r.)

JONATHAN

Milord, vous êtes fils de lord Monlaigu d’Asthonhall , près Manchester. Lord Monlaigu eut trois enfants : dqux filles et vous. L'aînée de vos sœurs, Cécilia, fut perdue... volée peutêtre, dans son enfance... à l’époque du grand incendie de Londres... et depuis, on n’en a plus entendu parler. Votre sœur cadette, miss Aliva, brisée par une douleur dont vous savez la cause, vient de mourir dans les solitudes du château de Roswood.

SIR ROWLAND, Mit.

Ces détails, monsieur, sont connus de tout le monde.

JONATHAN

C’est vrai, mais permettez-rnol de continuer. Voire père, qui ne partageait pas vos opinions politiques, prit contre son fils, trop jacobite... une mesure décisive.

SIR BOWLAND.

Laquelle?...

Il le déshérita, et fil passer son immense fortune sur la téta de la fille qui lui restait, miss Aliva...

ROWLAND

Continuez, monsieur.

JONATHAN

Vous commencez, je le vois, à prendre de l’intérêt à mon récit.

JACK, jAMunt u MM.

Diable ! ma position devient fatigante.

JONATHAN

En cette occurrence, sir Itowland prit, de son côté, un parti non moins décisif. N’étant plus l’héritier de son père, il jura d’être l’héritier de sa soeur... Mais un jour il reçut d’un confident subalterne une lettre qui détruisit toutes ses espérances; celte lettre lui apprenait que sa soeur était mariée secrètement, et qu’elle avait donne, depuis plusieurs années, le jour à un fils.

JACl, Bsèuié jeu.

fl parle très-bien, ce brigand-là!...

SIR ROWLAND

Ah çà, monsieur, où voulez-vous en venir?

JONATHAN

A ceci, qu’un soir, conduit à la demeure d’Aliva par le même domestique qui vient de m’introduire, vous entrâtes de vive force. Le mari de votre sœur, un homme dont aujourd’hui encore vous ignorez le nom, tira contre vous son épée; mais, ému par les cris de sa femme, qui le suppliait de sauver son fils, il prit l’enfant dans ses bras et s’échappa, poursuivi par vous et vos gens, meule furieuse, qui mena la proie haletante à travers le vieux Londres, et l’atteignit dans le carrefour le plus perdu et le plus sombre de la Vieille-Monnaie...

JACK

C’est très-intéressant!... n'en perdons pas un mot.

SIR ROWLAND, *• tanta ei p.*»at * «***«.

Ah ! je vous connais à présent : vous êtes l’homme qui a guidé tnon bras ... Je vengeais ma sœur, séduite, déshonorée; le reste n’est qu'un l'Oman ; et, d'ailleurs, le pire est mort, l'entant doit loir \ aussi... (n^ntaai iia««*i jmuum.) Que venezvous mi demander?

LES CHEVALIERS DU IHlOl'll.LARD

JONATHAN, qui >*«■•» Km*.

Rien, au contraire : vous êtes à la lèlc des jacobiU* d’Ecosse, il vous faut de grandes ressources, et je viens mettre à la disposition tic votre parti des sommes très-importantes.

S I H ROWLAND

Que parlez-vous de jaaobites?... Ne suis-je pas l'un des plus fidèles amis de sir Walpole, le premier ministre du roi Georges.

JONATHAN

Eh bien?... Si l’on ne traüissait pas un peu ses amis, qui truhirait-ou?...

sia RO w I. AND.

Monsieur...

Nierez-vous que tous ayez reçu du continent quarante mille '-ivres sterling?... que dans trois jours, vous les enverrez en Éco ue... et qu’un partisan du chevalier de Saint-Georges soit en roule pour venir les prendre?

JACK

C’est une conspiration contre l'Etat.

JONATHAN

Mais cette somme ne vous suffit pas, je le sais, et je viens en mettre d’immenses à votre disposition. Acceptez- vou- j ?...

SIR ROWLAND

Vos conditions?...

JONATHAN

Votre Grâce me donnera le quart de ces sommes... Ai-je votre parole?

Stll ROWLAND.

Oui, s’il s’agit de biens légitimement acquis.

JONATHAN

Quoi de plus légitime qu’un héritage?...

SIR ROWLAND

Un héritage?...

JONATHAN

Je vous apporte, milord, toute la fortune de miss Aliva, votre sœur.

SIR ROWLAND

Mais cet héritage est à moi... il m’appartient, je le possède.

Vous n’avez rien, et vous ne possédez rien.

SIR ROWLAND

El à qui, je vous prie, appartiendrait celte fortune?... JONATHAN.

A l’héritier légitime, à l'enfant is*u d'un mariage secret, mais légal!

SIR ROWLAND

Et cet enfant?...

JONATHAN

Cet enfant existe, je le connais.

JACK, A part.

C'est Tamise!...

SIR ROWLAND

H existe!...

JONATHAN

Il est ici... Vous allez le voir, voifs le reconnaîtrez facilement, et... vous l’aurez vu pour la dernière fois.

JACK, A port.

Oh ! le misérable I

SIR ROWLAND

Pour la dernière fois, avez-vous dit ? Quel esl votre projet, monsieur?

Mais, sir Rowland, on n'hérite que des morts...

SIR ROWLAND

Et voua voulez...

JONATHAN

Je lui ai donné rendez-vous ici, dans ce pavillon, situé u l'extrémité de votre paie, li doit venir ce soir... et... lorsque voua l’aurez vu... j’ai quelques ami* qui l’attendent au détour d’une allée...

SIR ROWLAND

1 ! ii meurtre!... Jamais, jamais, monsieur... je le défends. .

JONATHAN, »*pc iroaie.

J'attendrai... les oïdics... dcmilorJ...

JACK, I part.

C'est-à-dire qu’il le tuera quand même... Comment le sauver?.,.

SIR ROWLAND

Qui me prouvera que ce jeune homme est bien le Cls de ma sœur?,.. A quoi le reconnaîtrai-je?...

JONATHAN

A sa parfaite ressemblance avec le portrait de son père. Ce portrait, vous l'avez trouvé sur le cœur de votre sœur expirée.

JACK

Oh! le portrait 1

SIH ROWLAND.

Ce portrait est là, sur ma table. (Ri-c»niai*.) Disparu!.. Que Signifie?... (il (Mue, Diriei parait- J -ri m prrc-ipiumanil.J DaViCS... qu’est donc devenu le médaillon qui était là?...

fit montre U Uble.)

DAVIE8

Milord, nous nous sommes aperçus ce matin de sa disparition ; nous avons fait de vaines recherches, et l’un de nous s’est rappelé qu'il n'étzlt entré ici qu’uu jeune homme, un ouvrier menuisier. Nous avons aussitôt couru dans Wych-Strcet, chez maître Owcn Wood, qui est son patron et constable du quartier. Cet apprenti tenait de s’échapper, car Owen Wood avait voulu lui-même l’arrêter, et il a tenu à nous suivre jusqu’ici avec des policeracn pour recevoir nos dépositions et prêter main-forte à milord.

JACK, *r «Mirant.

Un constable, des hommes de police... C’est mon affaire... 11 est sauvé.

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