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Des papiers de famille, milord; c'est pour les sauver, c'est P°ur que justice fût faite à un biave et digne jeune homme, au compagnon, à l’ami de mon enfance, que je me suis livré moi-même.
SIR GEORGES
Vous vous êtes livré?
mu,
Oui, milord... Tamise Daitvl est issu d’une noble et illustre famille. J'avais entre les main» les preuves de sa naissance, on me |tour-uivait pour me les arracher, peur les anéantir, et je sentais que déjà mes forces comme» ç ,i nt h me trahir quand j’aperçus de loin les hautes murailfes do Newgatc : Si j’étais là dedans, me disais-je, les bandits qui tne donnent la chas»c s'arrêteraient sur le seuil, et je pourrais remettre entre les mains de quelque magistrat ces précieux papiers... Et je courais, jo courais toujours, non plus â l'aventure, cette fois, mais» avec un but vers lequel s’élançait mon âme tout entière, vers la prison!... Comprenez-vous Jack Sheppard aspirant après la prison!... J’y arrivai enfin, épuisé, brisé de fatigue, mais l'âme toute joyeuse. Prenez-moi, enfermez-rooi, garrultez-nioi... m’écriai-je... je suis Jack Sheppard!... Ils me regardaient avec étonnement... ils me croyaient en délire... Mais arrètez-moi donc, leur disaisje. Ils me saisirent enfin, et j’étais tout joyeux! Ils m'enfermèrent ici, et je bénissais le* sombres murailles! iis me mii-i nt ks fers aux pied» et aux mains, et je baisaü mes pré; ieuses chaînes. Jo n’étais pas un prisonnier, milord, j’élais un homme qui sauvait son trésor, scs amis, sa famille : pour la première fois de ma vie, je me sentais sous la protection de la loi.
HOGARTH
Mais cette protection vous coûtera...
Jack, root.
La tète?... Ce ne sera pas trop cher, en raison de ce qu*clle vaut, ma tête, et de ce qu'elle me donnera... cette protection. (iie»rtuui .!« p.p*r».) Prenez ces papiers, milord, et daignez vous rappeler que je les aurai payé de ma vie.
SIR GEORGES, lnt»oi I; taclitt.
Que peut donc renfermer ce dépôt?
J’ai lieu de croire, milord, car je me serais bien gardé d’en briser le cachet, que ce pli renferme les preuves de la naissance de mou ami et ses droits à unj immense fortune.
SIR GEORGES
Votre ami se nommait ?...
JACK
On le nommait Tamise Darrcl, milord... mais, en réalité...
SI H CEÛHCKS, M ImM «1 l.ianl.
Henri... comte de Cfeilillon !... Comte de Cliâtillou... Vous êfes certain que ce jeune homme est bien te fils de celui tjui se Taisait appeler Durci?
JACK
Oui, milord !
SIR GEORGES, iprh un '*■)(«.
Henri de Chôtillon! pauvre ami!... c’est donc ainsi que fl «levai* mourir!... (B*m * no*wti-.) et ccl-’.i <à qui je dcli rétro découverte est condamné à mort pour scs crimes!
JACK
Ils sont nombreux, c’esl vrai, mai* pas autant que je l'aurais voulu.
SIR GEORGES
Comment? que dites-vous?
JACK
* Je dis que je suis condamné pour meurtre sur la personne de sir Edouard Morton, et que sir Edouard Morton a été loyalement blessé en duel par moi, qui voulais l'empêcher d’aller, avec six autres, conspirer contre l'Angleterre.
61 R GEORGES
Conspirer...
JACK
Je dis encore que j’ai pris, oui, j'ai pris, j'ai vole quarante mille livres sterling à sir Rouland Montai gu... mais il allait les envoyer aux partisan* jacobite» qui devaient soulever l’Ecosse.
SIR GEORGES
Sir Rowland Montaigu ! vous saviez tout cela !
JACK
Je le savais, milord.
SIR GEORGES
Continuez donc...
JACE.
Depuis, à la tête de mes compagnons de la Vieille-Monnaie, dont l’argent jacobite m'avait créé chef, c'est toujours contre ceux de ce parti qu’avaient lieu nos expéditions... J'ai dévalisé lord DudJey, jacobite; sir James Derby ; jacobite, Arundel, Herbert, Sidney, tous jacobite*!... Je suis coupable, c’est vrai, on me tuera et ce sera justice ; mais je suis peut-être un de ceux auxquels le roi Georges doit d'être aujourd'hui paisiblement assis sur son trône.
SIR GEORCES, fciarbol et allant I la UMe, où II Aril.
Peut-être!... Ce qu’il y a de bien certain, c'est que vous avez sauvé l'héritier du meilleur ami du roi Georges; c’est que vous avez remis ces papier* en mains sûres, et que je saurai faire reconnaître les droits de Tamise Darrel.
(Il ne lève. Hogarth pli* U lettre.)
JACE.
Merci, milord.
SIR GEORGES
Mais ces droits ne sont pas les seuls qu’établissent ccs actes que vous me remettez là... le savez-vous?
JACE.
Non, milord.
SIR GEORGES
Ces papiers viennent à l'appui d’une découverte étrange faite tout récemment par le grand lord justicier et qui concerne votre mère.
( Le Geôlier e»t entré et • perlé b»* è l’oreille d'Oogerth.)
JACK
Ma mère f une découverte ?... Laquelle?
HOC A II T II , a» n.gutrel.
Milord, lady Annah Montaigu...
SIR GEORGES
Qu’elle entre.
(Hogarth lui rem«t lu pipiera.)