DEUXIÈME COUPLET
(Haut.)
Quoi! pas une aventure?..
PAUL
Non, sans détour.
Cécile est, je vous jure,
Mon seul amour.
Je réservais pour elle.
Mon coeur, mes jours...
AURÉLIE
Et vous fûtes fidèle?..
PAUL, avec passion.
Toujours! (6i* .)
AURÉLIE
Alors, mon garçon, j’en suis fâchée; mais vous ne pouvez pas me convenir.
PAUL
Oh ciel!...
AURF.LIE.
Quant à présent, du moins. Voyez-vous, là-dessus, j’ai des
E rincipes. Pour faire un bon mari, il faut avoir un peu vécu.
I. Gaillard était un innocent dans votre genre quand il m’a épousée... c’est à peine s’il osait m’embrasser le jour de nies noces... et, un an plus tard... 11 n’est plus, paix à sa cendre!... Mais, le brigand!... m’en a-t-il fait voir de cruelles!... Règle générale : les fredaines, c’est comme la rougeole, faut en passer par là, et mieux vaut que ce soit avant... qu’après le matrimonium... Ainsi, mon petit, allez à l’école, menez la vie de jeune homme pendant six mois, un an... et, quand vous vous serez formé, dégourdi, alors nous causerons de mariage.
PAUL
Eh! quoi, Madame, vous exigez?., .
AURÉLIE
C’est ma condition expresse. Jeune homme, je suis mûrie par l’expérience.
PAUL
Soit! J’essayerai, Madame... j’essayerai... (Varoquet sort de la maison.)