SCÈNE PREMIÈRE
VAROQUET, assis à gauche réexaminant an cactus placé dans un pot sur le guéridon. CECILE, au fond, regardant vers ia gauche, puis AURELIE.
CÉCILE
Il ne vient pas!..'.
VAROQUET, regardant son cactus.
C’est drôle !.. je ne vois rien venir !..*
CÉCILE
Il devait être ici à deux heures, par le chemin de fer.
VAROQUET.
Mon cactus?..
CÉCILE
Mais non, mon oncle, ce jeune homme que nous attendons.
VAROQUET.
Ah!., oui... oui... Paul.
AURÉLIE, sortant de la maison.
Ah!., vous voilà*... eh bien, est-il venu?. i '
CÉCILE
Mon Dieu, non, pas encore.
AURÉLIE
Quel ennui!..
VAROQUET.
D devrait être déjà en fleur...
CÉCILE, ctounée.
M: Paul?..
AURELIE
Mon chapeau?..
VAROQUET.
Mais non!., mon cactus!., quelle diable de cacophonie me faites- vous là!.. Je parle de mon cactus.
AURÉLIE
Eh! mon oncle, il ne s’agit pas de ce chardon! '
VAROQUET.
Chardon!., le cactus califomius.
AURÉLIE
Vous ne songez qu’à la botanique!.. Je vous parle du chapeau qu’on avait promis de m’envoyer de Paris, et que j’espérais étrenner aujourd’hui aux courses de La Marche.
CÉCILE
Et moi, de ce jeune homme avec qui j’ai dansé cet hiver au bal.
AURÉLIE
Ah ! oui, ce petit aspirant de marine, que mon oncle Varoquet a invité à venir passer quelques jours chez nous, à Villed’Avray...
CÉCILE
Dès qu’il serait de retour de voyage... Un jeune homme très-bien, très-aimable, M. Paul Joubert.
Mon filleul.
AURÉLIE
Encore un filleul!., combien donc sont-ils? nous en avons
déjà deux ici. (Cécile s’assied sur le banc, et travaille à une broderie.)
‘ . VAROQUET.
Deux?..
AURÉLIE
D’abord, cet imbécile de Bec de Lièvre, notre jardinier.
VAROQUET.
Oh... celui-là!., ça ne compte pas.
AURÉLIE
Et puis ce M. Champrosé, que vous nous avez amené, je ne sais pourquoi.
VAROQUET.
Moi? pas du tout !.. Je ne l’avais pas revu trois fois depuis le jour de son baptême. C’est lui qui est venu me relancer.
AURÉLIE
Il me déplaît!., un garçon qui a l’air d’ètre empaillé, et de prendre ma villa pour une auberge!.. Est-ce qu’il croit, parce que j’ai tenu un restaurant rue Montorgueil, que c’est une raison, aujourd’hui que je suis rentière, pour que tout le monde vienne s’installer chez moi?..
’ Air du Jaloux malade.
Autrefois je tenais boutique,
Et, ma foi, dans mon restaurant,