‹ Les chevaliers du pincenez vaudeville en deux actesChapitre 2 sur 55 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

VAROQUET, assis à gauche réexaminant an cactus placé dans un pot sur le guéridon. CECILE, au fond, regardant vers ia gauche, puis AURELIE.

CÉCILE

Il ne vient pas!..'.

VAROQUET, regardant son cactus.

C’est drôle !.. je ne vois rien venir !..*

CÉCILE

Il devait être ici à deux heures, par le chemin de fer.

VAROQUET.

Mon cactus?..

CÉCILE

Mais non, mon oncle, ce jeune homme que nous attendons.

VAROQUET.

Ah!., oui... oui... Paul.

AURÉLIE, sortant de la maison.

Ah!., vous voilà*... eh bien, est-il venu?. i '

CÉCILE

Mon Dieu, non, pas encore.

AURÉLIE

Quel ennui!..

VAROQUET.

D devrait être déjà en fleur...

CÉCILE, ctounée.

M: Paul?..

AURELIE

Mon chapeau?..

VAROQUET.

Mais non!., mon cactus!., quelle diable de cacophonie me faites- vous là!.. Je parle de mon cactus.

AURÉLIE

Eh! mon oncle, il ne s’agit pas de ce chardon! '

VAROQUET.

Chardon!., le cactus califomius.

AURÉLIE

Vous ne songez qu’à la botanique!.. Je vous parle du chapeau qu’on avait promis de m’envoyer de Paris, et que j’espérais étrenner aujourd’hui aux courses de La Marche.

CÉCILE

Et moi, de ce jeune homme avec qui j’ai dansé cet hiver au bal.

AURÉLIE

Ah ! oui, ce petit aspirant de marine, que mon oncle Varoquet a invité à venir passer quelques jours chez nous, à Villed’Avray...

CÉCILE

Dès qu’il serait de retour de voyage... Un jeune homme très-bien, très-aimable, M. Paul Joubert.

Mon filleul.

AURÉLIE

Encore un filleul!., combien donc sont-ils? nous en avons

déjà deux ici. (Cécile s’assied sur le banc, et travaille à une broderie.)

‘ . VAROQUET.

Deux?..

AURÉLIE

D’abord, cet imbécile de Bec de Lièvre, notre jardinier.

VAROQUET.

Oh... celui-là!., ça ne compte pas.

AURÉLIE

Et puis ce M. Champrosé, que vous nous avez amené, je ne sais pourquoi.

VAROQUET.

Moi? pas du tout !.. Je ne l’avais pas revu trois fois depuis le jour de son baptême. C’est lui qui est venu me relancer.

AURÉLIE

Il me déplaît!., un garçon qui a l’air d’ètre empaillé, et de prendre ma villa pour une auberge!.. Est-ce qu’il croit, parce que j’ai tenu un restaurant rue Montorgueil, que c’est une raison, aujourd’hui que je suis rentière, pour que tout le monde vienne s’installer chez moi?..

’ Air du Jaloux malade.

Autrefois je tenais boutique,

Et, ma foi, dans mon restaurant,

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