SCÈNE IV
BEAUCANARD, CHAMPROSÉ.
(Beaucanard, avec un petit peigne, rajuste sa coiffure devant la glace.)
CHAMPROSE.
Toi, ici!., au café Anglais?
BEAUCANARD, riant.
Depuis trois jours, cher.
CHAMPROSÉ.
Trois jours !..
BEAUCANARD.
On vend chez moi.
CHAMPROSÉ.
Bah!
BEAUCANARD.
Mes voitures, mes chevaux, c’est ravissant!.. Mon père a diminué ma pension. 11 prétend que je vais trop chez Markowski.
CHAMPROSÉ.
11 faut pourtant qu’un jeune homme aille dans le monde.
BEAUCANARD.
Bah! j’ai encore vingt-cinq mille francs, (il montre des billets de banque.) Tiens! avec ça, on va quinze jours.-
CHAMPROSÉ, fumant.
O jeunesse! que tu es belle... quand tu as vingt-cinq mille francs dans ta poche !.. Moi aussi, mon cher, je vais être riche.
BEAUCANARD.
Grâce à ce jeune Faust... dont tu es le Méphistophélès?
CHAMPROSÉ.
Et que j’ai lancé parmi toutes les marguerites... qui fleurissent dans le parterre de Cellarius. Oui, mon bon, M. Paul Joubert, mon odieux rival, sera bientôt démonétisé, perdu, et j’épouserai sur ses ruines.