ACTE II, SCÈNE V«I
BEC DE LIÈVRE
Rien, Monsieur... Oh! mes rêves dorés!., mes rêves dorés!..
(Chantant.)
Eh ! non, non, non.
Vous n’èles plu* Fauvette ! etc.
(fl sort par la gauche. — Aurélie, masquée, eutr'ouvre la porte du cabinet, et, suivie de Varoquet, entre sans être vue de Champrosé.)
CHAMPROSÉ.
Ah! quel cigare!., (il le jette.) Ah! il est temps que je me marie.'., car tout m’ennuie... tout me semble pitoyable, à commencer par ce bal de l’Opéra, où l’on ne peut même plus être intrigué... où pas une femme ne vous dit.,.
AURÉLIE, lui touchant l'épaule.
Bonjour, Benoit!
CHAMPROSÉ, se levant subitement.
Sapristi!., mon domino!
AUBÉÙE.
J'ai soupé.., ne m’invite plus!
CHAMPROSÉ.
Elle m’a appelé Benoît,
. AURÉI.IE.
Eh bien! n’est-ce pas top nom? Benoît Champrosé,,. vingthuit ans... ayant mangé vingt mille livres de rente... demeurant boulevard des Capucines... au cinquième...
CJUMPROSÉ, « part-
Ah! quelque ancienne maîtresse... (Haut.) Je te reconnais... tu es Clara la boulotte... C’est ton agent dé change, ce petit-
là?.. (U montre Varoquet, qui a sou fau» ne*,)
AURÉLIE
Possible !
CHAMPROSÉ.
Ah! ma grosse Clara!., (U la pren 4 dans «es bras.)
Jeune homme, causez... mais ne touchez pas!,..
CHAMPROSÉ, liant-
Ah! il est jaloux... Veux-tu t’en aller J.. (U le repoussa.) VAROQUET, à part-
Je ne m’amuse pa3du tout, umi!,,
AURÉLIE
Est-il vrai que tu te maries?
CHAMPROSÉ.
Moi?..
AURÉLIE
Ou plutôt que tq cherches à te marier ?
champrosé.
Non...
AURÉLIE
Bah! Et Cécile? Et Aurélie?..
LES CHEVALIERS I>ü PINCE-NEZ.
CHAMPROSÉ, étonué.
Tiens! tu sais?...
Laquelle préfères-tu?
CHAMPROSÉ.
Ali ! ça n’est certes pas madame Aurélie Gaillard !.. En voilà une qui m’agace !
VA ROQUET, à part, riant.
Attrape !
AURÉLIE
Est-ce qu’elle est laide?
CHAMPROSÉ.
Peuh!.. non... elle est assez belle femme... mais la traîner à l’autel !.. Ah ! Clara !.. tu m’affliges, la boulotte I (A Varoquet.) Ça ne te fait rien, que je l’appelle la boulotte?
VAROQUET, contrarié.
La boulotte... la boulotte!..
AURÉLIE
Alors, c’est pour Cécile que tu as passé quinze jours à Villed’Avray?..
CHAMPROSÉ.
Comment!., tu sais?.. Oui, Clara, j’ai passé quinze jours à m’ennuyer en tête-à-tête avec une vieille perruque d’oncle !...
VAROQUET.
Hein ?
CHAMPROSÉ, riant.
Figure-toi une espèce d’herboriste... voilà ce qu’on peut appeler une vieille grue!..
VAROQUET, à part.
Je ne m’amuse pas du tout, moi!..
CHAMPROSÉ, de même.
J’ai fait de l’horticulture avec lui... je lui ai donné de la graine de lin pour de la graine de myosotis du Brésil... Et il l’a semée!., et iH’arrosait tous les matins!.. Ah! ah! ah! (Aurélie se met à rire. — A Varoquet.) Tu ne ris pas, toi, Adolphe?
, VAROQUET, à part.
Je voudrais bien m’en aller !
AURÉLIE, à part, regardant Champrosé.
Il est bien plus drôle qu’à la campagne!... (Cris joyeux dans le cabinet où s'habillent les femmes.)