ACTE I, SCÈNE 1ï
CHAMPROSÉ.
Oh! tout le monde!., permettez!., le demi-monde, le quart de monde... la jeunesse actuelle.
AURÉLIE
Vous ne l’aimez pas, à ce qu’il parait?..
CHAMPROSÉ.
Moi... je l’exècre !..
AURÉLIE
Vraiment!..
CHAMPROSÉ.
Des petits messieurs, avec des petits habits, des petits faux cols, des petits lorgnons... qui se ruinent pour des drôlesses!..
VAROQUET, bas.
Prends garde... il y a des dames.
CHAMPROSÉ.
Je voulais dire... pour des cocottes!..
A la bonne heure! •
AURÉLIE
Tiens, c’est gentil, ce mot-là... des cocottes,!..
CHAMPROSÉ.
Ils appellent cela mener la vie à grande vitesse.
, Air : Epoux imprudent , fils rebelle.
Gaspillant fortune et jeunesse.
Joueurs et soupeurs effrénés.
Au bois, vous les voyez sans cesse Étalant, frisés, pomponnés,
Leur sottise et leurs pince-nez.
Rien ne coûte à leurs mains léçères.
Rien n’est cher, ni sacré pour eux;
Ils dévorent, les malheureux,
Tout, jusqu’aux chenets de leurs pères!
-Oui, jusqu’aux chenets de leurs pères!
Voilà ce que c’est que la jeunesse actuelle !.. je suis indigné !
* AURÉLIE, à part.
Mais c’est une guimauve que cet être-là !
CHAMPROSÉ, bas, à Varoquet.
Eh bien! mon parrain, avez-vous réfléchi à ma proposition ? '
Ta proposition?
CHAMPROSÉ, bas.
Au sujet de votre nièce?
VAROQUET, bas.
Hum!., hum!.. C’est que...
CHAMPROSÉ.
Enfin, vous devez faire mon bonheur... vous êtes mon parrain.
VAROQUET.
Parbleu ! ea m’a coûté cent-vingt francs.
CHAMPROSÉ.
Vous m’avez appelé Benoit... c’est un vilain nom. Quand on appelle quelqu’un Benoit, on doit assurer son bonheur.
VAROQUET.
C’est hien... nous recauserons de ça plus tard.