‹ Les cheveux de ma femme comedievaudeville en un acteChapitre 12 sur 37 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LARDENOIS, GAL1POINTE, puis EULAL1E.

LARDEXOIS, sortant du n° 6 et à voix basse.

Gali pointe!

Hein?

Ça y est!... elle dort!

GALIPOINTE.

LARDEXOIS.

* Rif. Gali.

, SCÈNE vni.

GALIPOINTE.

Comment?

LARDENOIS

Vrai! je n’y croyais pas... je lui tenais les pouces en me disant : Faut-il qu’un homme soit bète!... quand tout à coup ses yeux... 11 parait que j’ai du fluide magnétique.

GALIPOINTE.

Pas possible !

LARDENOIS

Tiens!,., veux-tu la voir?...

CALIPOINTE.

Oui...

Oh! il n’y a pas besoin de nous déranger... je vais la faire

venir... (il étend le bras, Eulalie sort du n° 6 en état de somnambulisme et tient au milieu du théâtre*.) La voici... U11C chaise... (Galipointe avance une chaise derrière Eulalie. — Lardenois fait un geste de commandement, Eulalie s'assied.) Heill!... tu vois... (il passe à la droite de sa femme**.)

e qu’il y a de plus curieux... c’est qu’elle ne sent rien...

GALIPOINTE.

En vérité?

LARDENOIS

Je l’ai pincée , elle n’a pas crié... Je l’ai chatouillée , elle n’a pas ri... Tiens! je l’embrasse!... et je n’ai pas fait ma barbe, (il embrasse Eulalie.)

GALIPOINTE, de l'autre côté de la chaise.

C’est extrêmement curieux... Voyons donc? voyons donc? (n

l’embrasse de son côté.)

LARDENOIS , embrassant de nouveau et enchanté.

Elle ne sent rien!

GALIPOINTE, l’embrassant une seconde fois.

Elle ne sent rien ! (a va pour recommencer.)

LARDENOIS, allant à lui, et l’arrêtant

Assez! assez!... Il ne faut pus fatiguer le sujet!

GALIPOINTE.

Oui... nous recommencerons tout à l’heure!

Dis donc... je pense à une chose... Si je l’interrogeais sur sa maladie?...

GALIPOINTE.

Quelle maladie?

LARDENOIS

Justement... j’ai une mèche de ses cheveux... Voilà! (n tire de

sa poche la mèche de chevem.) .

* Eul. Lar. Gali.

“ Lar. Eul. Gai.

♦** Eul. Lar. Gali.

GALIPOINTE , la regardant.

Ah ! c’est curieux!... la même nuance que ceux de ma femme ! (a part.) Mais quelle différence! ceux-ci sont bien plus soyeux.

LARDEN*IS.

Ça serait drôle, si elle allait être lucide!... Attention ! (il posa

la main sur la tète de sa femme, et d’un ton solennel.) Eulalie.... Hl’ontendez-vous?

EULALIE

Oui, mon ami.

LARDENOIS

Elle m’entend !

GALIPOINTE.

Je crois bien... tu lui cries dans les oreilles...

LARDENOIS , à Eulalie.

Vous sentez-vous disposée à répondre à mes questions?

EULALIE

Oui!

LARDENOIS

NOUS allons voir. (Lui mettant entre les mains la mèche de cheveux.) Qu’est-ce que c’est que ça? (Faisant des signes à Galipointe.) Chut! ne dis rien ! ,

EULALIE

C'est... (Après une longue hésitation.) CC Sont des cheveux! LARDENOIS , transporté.

Elle est lucide. Galipointe, ma femme est lucide I

GALIPOINTE , à part.

. C’est bien malin! je parie qu'elle ne dort pas!

LARDENOIS

Voyez-vous la personne à qui appartiennent ces cheveux?

EULALIE, riant.

Ah! oui!

Elle a ri... elle reconnaît ses cheveux. Mon Dieu! qu’elle est fine !

GALIPOINTE, à part.

Pose, mon bonhomme! pose !

LARDENOIS

Parlez-nous de cette personne.

EULALIE

Oh! je la vois bien... très-bien! (Tout à coup.) Ah! la malheureuse !

LARDENOIS, effrayé.

Quoi donc? Est-ce qu’elle est en danger?

EULALIE

Ah ! oui!... en grand danger!

GALIPOINTE.

Que dit-elle ?

LARDENOIS, désespéré.

C’est la poitrine! c’est la poitrine!

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