RUSSIE
Le danois tigré y est commun, mais ne s'emploie plus, comme autrefois, à la chasse des bêtes fauves, des ours et des élans ; on lui préfère des chiens courants. En Podolie, on emploie le dogue ou molosse, fauve ou jaune brun, à chasser le buffle et l’ours. On les dresse en les lAchant contre des sangliers et de jeunes ours parce que les vieux sont dangereux et ne craignent point de les repousser ou de les éventrer à coups de pattes.
Il y a une quarantaine d'années, la Russie possédait un setter épagneul qui passait pour supérieur aux meilleurs setters anglais. Aujourd'hui la race en est presque perdue, et c’est grand dommage, car elle possédait de bonnes qualités. Son odorat était d’une finesse incroyable. Emmitouflé d’une robe épaisse de longs poils, ce chien était cependant très-dur à la chaleur; ses jambes étaient larges, droites et couvertes de poil, même entre les jointures, son museau était barbu comme celui de notre griffon. |
On connaît en Russie un chien courant appelé chien de Kostrowa, à oreilles demi tombantes et petites, à museau pointu. On en a formé de très-grandes meutes,
ressemblant beaucoup au foxhound anglais, ce qui n’in-
dique pas une race bien pure. Il a, de même que ceuxei, le museau pointu et des oreilles peu distinguées, comme type de chasse. :
Les Russes possèdent un lévrier d’une taille prodigieuse et d’une grande force, mais dont le courage ne répond pas à la grandeur. Deux de ces chiens poursuivent quelquefois un loup pendant plusieurs kilomètres, dit Franklin, sans qu'aucun des deux ose l’attaquer. Il est vrai que le loup de ce pays est un rude compagnon et que peu de chiens =— même des meilleurs — tiendraient à faire connaissance avec ses dents. |
Le lévrier russe est le même que le chien tartare, le même qu'on trouve encore aux confins de la Circassie. Il pourait bien descendre des anciens chiens d'Épire et d'Albanie, le même type d’où est sorti probablement aussi le chien-loup d'Irlande. |