‹ Les chiens de chasseChapitre 81 sur 104 · V4} L AUS · texte numérisé non relu

V4} L AUS

MOUTA

Ce serait un impardonnable oubli que ne pas consacrer quelques lignes au logis de nos fidèles compagnons de plaisir. Hélas ! 1ls ont grand besoin que l’on appelle l’attention sur l'installation spéciale qui leur est due et qui, en France, leur est plus que parcimonieusement accordée, en général. Nos voisins les Anglais traitent leurs chiens avec plus de soin et d'intelligence que nous sous ce rapport, et les résultats qu'ils obtiennent comme santé, force et beauté prouvent qu'ils ont raison d'agir ainsi.

Par quel mélange de paresse, d’insouciance, de parcimonie et d’ignorance semblons-nous ne pas nous douter qu'il existe une hygiène spéciale au chien, comme il en existe une propre pour chacun des autres animaux domestiques?.… [l n’y a pas bien longtemps, à la vérité, que nous commençons à savoir qu'une écurie, une étable

ou une bergerie ne se construisent pas l’une comme l’autre ; mais nous en sommes encore, presque partout, à penser que le réduit le plus misérable, le moins propre et le plus malsain, est tout ce qu'il faut pour un chien!

Ces considérations, si simples qu’elles en paraissent banales, etcependant si négligées, nous engagent à donner ici quelques spécimens des chenils que nous croyons les meilleurs, non-seulement pour la grande fortune, mais aussi pour les chasseurs d’aisance moyenne, toujours les plus nombreux. N'oublions pas que, par des soins convenables et une habitation appropriée, on assure nonseulement la santé, mais encore la vigueur et le bon aspect des dignes compagnons de ses plaisirs. La propreté, l'égalité de nourriture, les pansages de chaque jour, la sécurité de chaque âge et de chaque sexe, le repos assuré et sain, constituent des éléments de vigueur et de santé très-appréciables, non-seulement pour les grandes meutes, mais même pour les chiens d'arrêt, quoique ceux-ci soient plus souvent près du maître et davantage ses commensaux.

Tout nous porte à croire que, depuis le X VITsiècle, les veneurs logeaient mieux que nous leurs chiens dans leurs demeures seigneuriales ; cependant, nous ne savons rien de très-précis à cet égard, nous ne connaissons que certains chenils des résidences royales. Nous sommes facilement frappés de l’ampleur des aménagements, mais rien ne nous prouve que cetexemple fût suivi chez les particuliers. Au contraire, 1l a pu se passer pour les chiens ce qui se faisait pour les hommes, c’est-à-dire que les demeures de la

plupart de ces derniers ne ressemblaient guère, par le

confort et la salubrité, aux palais grandioses que s'élevarent à côté. D'ailleurs, les spécimens qui nous restent sont relativement très-modernes.

Nous ne savons rien absolument sur le chenil au moyen âge : tout nous fait penser qu'il devait être bien grossier, lorsque nous voyons ce qu'était alors /a demeure des hommes même les plus puissants. Si l’on considère que les hauts seigneurs, qui revenaient des croisades, trouvaient le feure ou la paille et les feuilles pour plancher dans leur grande salle, on se demande sur quoi couchaient les

chiens de la meute à cerf !

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