‹ Les chiens du MontSaintBernard melodrame en cinq actesChapitre 24 sur 79 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CHAMPFLEURY, MUGÀRET, ri ERRE.

Une voiture chargée de paille longe la maison, le derrière de la Toiturej est dans la coulisse; en a»anl elle est appuvée sur des brancards.

cbampfleury.

Nous voila sur la place du marché où doit être la voiture avec son chargement.

MccAnxt, cherchant.

En effet, je l’aperçois.

CBAMPFLEURY.

Pierre, après l’avoir rangèo le long de la maison du défunt, aura conduit les chevaux à l’écurie.

MUGARET.

Il parait qu’on n'est pas matinal tous les jours à Grenoble T

CBAMPFLEURY.

C’est vrati, pas cncoro l’ombre d’un habitant; pas le plus léger bruit.

MUGARET.

Le soleil va so lever avant l’ouverture des boutiques.

CBAMPFLEURY.

Eh bien 1 à entendre lo cri unanime de compassion, de détresse qui a retenti dans l’enceinte du tribunal, hier au soir, lorsque la condamnation de Margerin a été prononcée, j’aurais pu croire qu’à mon retour do la montagne je trouverais encore la ville debout et dans les larmes... La ville!... elle dort comme une marmotte, un vrai sommeil de plomb. Nos montagnards, quand je leur ai dit ce qu’il en était, no sc sont pas endormis, euxl

MCCARET, à part.

Je le sais bien, et je serais bien aise de le faire savoir à d’autres aussi.

CBAMPFLEURY.

Avez-vous vu comme les braves gens prenaient feu é mes paroles quand je leur disais : Ce n’est pas d’avoir malhonnêtement occis le vieux Thibaudicr qu’on punit l’innocent jeune homme ; mais d’avoir élevé la voix pour les rcligionuaircs, d'avoir gwotégé U fuite des uns, et dérobé la tête

des autres aux massacres ou aux oûcners... voilà son crime !

MCCARET.

Oht dans chaque chaumière on nous a répondu : Nous le sauverons, ou nous périrons à la peine.

CH AMPFLRURY .

Eb bien! et moi aussi, mordieu 1 je le sauverai, ou je périrai à la peine. (Il prend la main de Mugaret. ) Et vous de même, n’est -ce pas?

MCCARET.

Certainement. ( A part.) Je voudrais bien me débarrasser de lui un moment.

cbampflsorv.

Pour sauver un chrétien, voyez-vous, tout moyen doit convenir. Qu’il soit offert par un Turc ou par un Chinois, je l’accepterais même do Satan s'il était bon. ( Il se dirige vers la voilure de paille .) Eb mais... il est là, Piercet

MUGARET.

Qui tape do l’oeil aussi.

CHAMPFLEURY

Pauvre garçon! c’est la fatiguo. Il faut pourtant que je le dérange une minute.

MCOARET .

Je vous laisse alors ; nous n’avons plus besoin l’un de l'autre pour le moment.

CBAMFFLKURY.

Avertissez tous ceux que vous verrez... dites aux timides de rêdcr aux environs; ils feront obstacle et foule... tout sert en pareil cas.

MCSARET.

Soyez tranquille. (A part. ) Diable d'homme!... il n'oublie rien.

1 1 l'éloigne.

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