ELECTRE LE PORTIER LA NOURRICE LE CHŒUR DES CHOEPHORES
ORESTE (i). — Mercure dans la terre, curateur de mon patrimoine,
Viens à mon secours, je t'en supplie, et combats à mes côtés.
Voici que je reviens vers ce pays et j'y remets les pieds,
Et du bord de cette tombe j'appelle à haute voix mon père.
Entends ! écoute-moi !
Cette boucle de mes cheveux à Inachos qui m'a nourri, Et cette autre en signe de deuil
Car je n'étais point là pour te pleurer, ô mon père, Et ma main n'était point parmi celles qui ont levé tcn corps.
(2) Que vois-je ? et quelle est qui vient vers nous ~ette troupe de femmes en noir, et à quoi cela res;emble-t-il ?
io LES CHOÉPHORES
Est-il sur ces demeures tombé un malheur nouveau ?
Ou est-ce à mon père que ces chargées de vases Apportent les suprêmes apaisements ?
C'est cela même. Et celle-ci est Electre sans doute, Ma sœur, qui s'avance en cette amère douleur. O Zeus ! donne-moi de venger mon père et combats à mes côtés !
— Pylade, écartons-nous, et voyons à loisir Quelle est cette supplication de femmes (3).
STROPHE I. On m'envoie et je viens de la maison,
Portant ces vases en pompe et rythmant mon pas de coups rapides !
Sur mes joues éclate en rouge
La trace fraîche de mes ongles.
Mon cœur se nourrit de lamentations!
Et le cri de l'étoffe arrachée avec un rire déchirant
Répond
Au roulement de mes deux mains qui tapent.