II. — Histologie
Ayant, dans un bref aperçu, montré ce qu'était la chorde dorsale, ses origines, son rôle et son évoiution, nous allons chercher à connaître sa nature histologique, cette connaissance devant nous servir dans l'étude anatomo-pathologique des tumeurs nées de cette chorde.
Morphologie du tissu chordal. — Aïnsi que nous l’avons vu, lorsque l’ébauche chordale commence sa
différenciation, elle est constituée par un tissu cellulaire plein. Or, cette différenciation s’est effectuée en vue d’une fonction mécanique qui est la résistance à la déformation. La morphologie de la chorde a donc un double caractère : présence de fibrilles épithéliales, formant un dispositif de soutien, sécrétion d’une substance semi-liquide, destinée à assurer l’élasticité. Ces deux caractères morphologiques sont complétés par le développement de gaines élastiques et collagènes qui servent à isoler la notochorde. Nature du tissu chordal. — Quelle est, d’ailleurs, la nature de ce tissu chordal ? Trois conceptions ont été successivement émises qui, différenciant sur tout le reste, s’accordent à reconnaître qu’il donne du tissu
cartilagineux.
1° Pour SCHAFFER, le tissu chordal ne serait qu’une variété de son tissu vésiculeux de soutien, ce tissu étant caractérisé par la présence, à l’intérieur de la cellule, d’une masse liquide qui la rend turgescente. Il distingue deux variétés de tissu vésiculeux : le tissu chordoïde, dans lequel les éléments sont séparés par une membrane de tissu cellulaire, et le tissu chondroïde, dans lequel les éléments sont séparés par une mince substance de tissu fondamental.
2o Pour KRAUSE, la cellule chordale ne serait que du cartilage larvaire.
3° Pour SrupnikA, enfin, les évolutions du tissu chordal doivent être comparées à celles des {issus épithéliaux qui se différencient en vue d'une fonction de soutien. Il a montré les analogies qui existaient,
chez les poissons, entre la cellule chordale et la cellule épidermique, toutes deux destinées à une fonction de soutien. Ce qui, pour lui, est caractéristique, c’est la présence de connexions cellulaires (cytodesmes), les unes filamenteuses, les autres lamellaires, délimitant un système d’alvéoles.
Gaines de la chorde. — En plus du caractère vésiculeux des cellules de la chorde dorsale, la formation de ses gaines est un des caractères les plus spéciaux. On a longtemps décrit deux couches : l’une externe, mince, de nature élastique (couche primaire de Klaatsch), l’autre interne, épaisse, de nature collagène (couche secondaire de Klaatsch). Une troisième couche, plus interne, élastique, d’abord vue, mais méconnue par Renaut, a été décrite par Henneguy.
En résumé, il s’agit d’un tissu spécial, contemporain par son ébauche épithéliale, des feuillets primordiaux dont il dérive, différencié en vue d’une fonction de soutien et pouvant subir diverses évolutions vers le type conjonctif.
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