‹ Les Choroïdo-Réactions TuberculeusesChapitre 4 sur 38 · BEL DE · texte numérisé non relu

BEL DE

on peut imaginer sans peine le grand nombre de manifestations qu’elle pourra provoquer et l’intérét évident que tout médecin aura à les bien connaître.

Dans un beau livre paru en 1939, auquel nous empruntons de larges développements, André Jacquelin a fait une étude d'ensemble de ces formes estompées, en se placant non dans l'esprit anatomo-pathologique comme l'avaient fait Gougerot et d’autres aprés lui, mais sur le terrain clinique; lequel, pour être sans doute plus réfutable, n'en demeure pas moins d’une objectivité aussi manifeste. | :

Il faut, pour accepter la possibilité d'existence de ces tuberculoses atypiques, avoir dans l'esprit plusieurs notions essentielles, et en particulier celle de l'équilibre entre l'agent pathogène et la résistance du sujet. On se souviendra qu'entre les bacilles et l'organisme du malade va s'engager une lutte sans merci qui se manifestera plus ou moins bruyamment, suivant la disproportion de force des deux adversaires. S'agit-il d’une infection massive et d’un terrain faible ? On voit évoluer alors une phtisie rapidement mortelle. Si, au contraire, l'agent infectieux est moins virulent, et surtout si le malade se défend mieux, la tuberculose prendra un tout autre aspect et la lutte terrain-bacilles ne pourra se déceler que par des signes discrets ou apparemment banaux qu’il importe au plus haut point de savoir reconnaître. Et ceci pour deux motifs : en premier lieu, à cause de la valeur de ces syndromes au point de vue pathologie générale; et surtout en raison de l'intérêt pratique immédiat, c’est-à-dire thérapeutique qui s'y attache; car, un traitement convenable pourra souvent juguler le mal et prévenir les complications les plus graves.

C’est dans cet esprit que Jacquelin a décrit plusieurs formes atypiques de tuberculose latente. Nous nous attacherons surtout à celles qu'il a classées parmi « les états

chroniques de déficience dnetale d'ordre vraisemblablement toxémique » et les « syndromes paroxystiques d’origine hyperallergique ». Ces derniers nous intéressent plus spécialement; citons les poussées pneumoniques d’'apparence banale, les pleuro-pneumonies à forme pseudo grippale, les cortico-pleurites qui s’obervent chez l’adolescent ou l'adulte, le plus souvent à une phase tardive de la tuberculisation, de même les rhino-trachéo-bronchites à répétition, épisodes dont l’étiologie bacillaire est des plus délicate à prouver. L’asthme qui serait imputable à la tuberculose dans deux tiers des cas. Les rhumatismes tuberculeux, si bien mis en évidence par Poncet et ses éléves, et pourtant si discutée, Toutes ces formes survenant généralement chez « des lymphatiques », c'est-à-dire des sujets pourvus d’un « tempérament anormal, d’une manière spéciale de réagir » en face de l'infection. |

Nous nous proposons de faire entrer les choroïdo-réections, que nous nommerons aussi « choroïdites subaiguës circonscrites et exsudatives » dans ce grand cadre des tuberculoses atypiques, et de souligner leur importance comme signe révélateur de phtisie, tant au point de vue du diagnostic que du pronostic général de cette maladie.

Après un rapide Historique de la question, nous en étudierons l’Etiologie, puis la Pathogénie et les recherches. expérimentales concernant les choroïdites bacillaires. Enfin, nous essaierons d’en faire une étude clinique fondée sur les observations dont nous disposons, et nous terminerons en disant quelques mots du traitement.

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