‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 250 sur 301 · Whitley Stokes, Tr. L.,p. clvi · texte numérisé non relu

Whitley Stokes, Tr. L.,p. clvi

G. Margaret Stokf.s, E. CI. A., I.ondon, 1875, p. l*i4.

7. Cf. Dom H. I.eclercq, art. Bretagne [Grande) du Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie de D. F. Cabro), col. 1187-1191.

la côte de Connemara, ceux de Skellig-Michael, sur la côte de Kerry. Ces oratoires mesurent en moyenne 6 mètres sur 3m,50'.

Les églises proprement dites étaient, elles-mêmes, de fort modestes dimensions. Les plus considérables dépassaient rarement 35 mètres de long2. Les plus petites étaient couvertes en pierre, les autres en chaume ou avec des roseaux. L'emploi du plomb dans la toiture n'est pas mentionné, en Irlande, avant l'an 10083.

L'église la plus importante dont nous ayons une description détaillée est l'église monastique de Kildare (Leinster), décrite par Cogitosus (f v. 670) dans sa Vita Brigidaeu. Elle était spacieuse, élevée, ornée de peintures murales. Les corps de 1' « archevêque » Conlaed et de sainte Brigide y reposaient en des monuments d'or et d'argent garnis de gemmes, placés de chaque côté de l'autel. Au-dessus de ces tombeaux étaient suspendues des couronnes d'or et d'argent. L'église renfermait trois oratoires (chapelles?). Un mur transversal, décoré de peintures et de tentures et percé de deux ouvertures, séparait la partie orientale du reste de l'édifice. Par la porte de droite entrait le personnel liturgique, par celle de gauche l'abbesse et ses filles se rendaient « au banquet du Corps et du Sang du Christ». Une cloison perpendiculaire à ce

1. Sur l'oratoire de Gallerus voir Archacological Journal, t. III, p. 174- 175; G. Pétrie, op. cit., p. 131 ; Axdehson, Scotland in early Christian Times, Ve sér., Ediuburgn, 1881, p. 100-107; ligure chez Marg. Stores, op. cit., p. 155. — Sur l'oratoire de Valencia, Joyce, op. cit., t. II, p. 323 et fig. — Sur l'oratoire de Sinacli Mac Dara, Pétrie, op. cit., p. 186; joyce, op. cit., l. I, p. 355 avec fig. — Sur les oratoires de Skellig Mkhael, Baldwin Brown, The Arts in Early England, London 1903, t. H, fig. 2t.

2. F. E. Warren, Lit. C. C, Oxford, 1881, p. 48; G. Pétrie, op. cit., p.

3. Wiutley Stores, Litmore, Oxford, 1890, p. civ; A.U., s. an. 1008, éd. O'Do.novan, t. I, p. 520-1.

4. Vita Brigidae, vin, A. Sancl. Bol., t. I de février, p. 141.

mur séparait le reste de l'église en deux parties, réservées, celle de droite aux hommes, celle de gauche aux femmes. Cette basilica maxima pouvait contenir un peuple nombreux. La lumière pénétrait largement par de nombreuses fenêtres, qui n'étaient probablement pas garnies de vitres, l'usage des carreaux de verre étant, sans doute, inconnu en Irlande, à cette époque, comme il l'était en Grande-Bretagne '.

Dans cette église, l'autel était situé à l'est; conformément à l'orientation consacrée des anciennes églises. L'orientation apparaît déjà dans l'oracle druidique sur saint Patrice, où l'on trouve ces mots : « Il (Patrice) chantera des choses impies à sa table située à l'est de sa maison. »

D'après Cogitosus, un mur transversal, percé d'ouvertures, séparait, à Kildare, le sanctuaire de la nef. Il devait en être ainsi dans d'autres églises, car, dans un texte irlandais transcrit dans le livre d'Armagh vers 807, où la cloison de séparation est appelée crochaingail, ce terme est employé métaphoriquement pour désigner les laïques, tandis que le terme altoir (autel) signifie le clergé2. Pour que la métaphore eût quelques chances d'être saisie, il fallait que ce dispositif se rencontrât assez fréquemment.

A partir du xie siècle, on se mit à construire des églises plus spacieuses et plus artistiques. L'église de Saint Caimain, à Iniscaltra, bâtie en 1008, passe pour le plus ancien type d'église romane en Irlande3. L'on

1. L'industrie du verre était assurément connue dans les pays insulaires depuis longtemps (cf. Romilly Allen, Celtic Art in Pagan and Christian Times, London,190i, p. 237), mais les fenestrae vitreae y furent inconnues pendant plusieurs siècles après l'introduction du christianisme. (Cf. Bède, Homilia in Bénédiction, Opéra, éd. Gilles, t. v, p. 183- 185; Eodius, Vita Wilfridi, c. xvi; Dlnraven, op. cit., t. II, p. 138 ; A. C. Champxeys, dans l'Architectural Revient), xvm, 1905, p. 81).

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