‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 252 sur 301 · Joyce, op. cit · texte numérisé non relu

Joyce, op. cit

4. Dunrayex, Notes on Irish Architecture, t. I, planche lxxxvui et page 43.

de Lanmeur (arr. de Morlaix), deux ou trois piliers et arcades de la nef de Plougasnou (cant. de Lanmeur), et aussi probablement la nef de l'église de Locquénolé, près de Morlaix1. Deux ou trois croix de carrefours remontent, peut-être, aux ixeetxe siècles2. Les calvaires de granit monumentaux que l'on admire dans de nombreuses localités bretonnes, et les ossuaires, édicules si particuliers à ce pays, ne datent, pour la plupart, que des xvie et xvne siècles3.

Un type de monuments de pierre très abondant dans les pays celtiques insulaires et inconnu sur le continent *, c'est la croix de cimetière ou de chemin portant une auréole autour du point de jonction de ses bras, dont l'origine ancienne n'est pas contestable. Ces croix atteignent, particulièrement en Irlande, vers le xe siècle, une grande élégance, et offrent une ornementation fort riche. Avant d'arriver à ce degré de beauté, ces monuments ont subi toute une évolution, dont les archéologues ont pu établir les principales phases B.

Les premiers Celtes chrétiens héritèrent de leurs ancêtres l'habitude d'élever des pierres commémoratives. Les lechs informes offrent déjà des inscriptions latines ou oghamiques chrétiennes, et présentent même, par exemple en Galloway, la croix inscrite dans un

1. J. M. àbgrall, Crypte de Saint-Mélar à Lanmeur (Bulletin de la soc. arch. du Finistère, xxxv, 1908, p. 301-310, av. pi.).

2. J. M. Abcrall, Les Croix et calvaires du Finistère (Bulletin monumental, lsvi, 1902, p. 177-178).

3. J. M. Abgrall, Les grandes époques de l'architecture religieuse en Basse-Bretagne (Compte rendu du quatrième congrès scientifique international des Catholiques tenu à Fribourg, 1897; 10° section, Fribourg, 1898, p. 11-18).

4. Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné d'architecture française, Paris, 1861-75, t. IV, p. 433-444; d'Arbois de Jubainville, dans la R. Cet., xx, 1899, p. 96 sq.; George Coffey, Guide, p. 85.

3. Romilly Allen, C.A., p. 180-194 ; Baldwi.n BRows,art. Art Celtic dans YEncyclopaedia of Religion and Ethics d'Haslings, Edinburgh, 1909, t. II, p. 840.

cercle. Les avis sont partagés sur la signification primitivement attachée par les insulaires convertis à cet assemblage du disque et de la croix. Les uns y voient une transformation du monogramme sacré (£) enfermé dans une circonférence, à l'imitation de la guirlande dont il était ceint sur le Laburum l. D'autres découvrent là une fusion du symbole circulaire du soleil, connu des Celtes païens, et de la croix chrétienne 2. Primitivement la représentation du disque et de la croix, celle-ci inscrite dans celui-là, n'occupequ'une partie de la surface de la pierre sur laquelle ils sont sculptés. La croix sculptée en relief sur une pierre établie verticalement se rencontre surtout en Ecosse (croix de Saint-Madoes, Perthshire ; d'Aberlemno, Forfarshire)3,la croix sculptée en creux sur pierres tombales horizontales ou verticales se voit en Irlande. Les plus célèbres dalles de cette espèce sont celles de Clonmacnois. Quelques-unes, ainsi que nous l'apprennent les épitaphes qu'on y lit, remontent aux vme et ixe siècles 4.

C'est de la pierre érigée verticalement, portant une croix sculptée sur sa surface, que s'est peu à peu dégagée la croix indépendante. La pierre s'arrondit d'abord au sommet, de façon à suivre la courbe du disque renfermant la croix, bientôt jusqu'à confondre son contour avec le sien. Puis la surface se rétrécit également par la base, de manière à former, au-dessous de la tête arrondie, ce qui deviendra le fût de la croix dé-

1. Romilly Allf.n, C. A., p. 162-164, et Early Christian Symbolismin Great Britain and Ireland before the thirteentk Century, London, 1887, lect. II.

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