Westwood, M. 0., pi. 51 (n. 7 et 9) et pi
4. Westwood, M. 0., pi. 26,51 ; P. S. P., pi. ni; Celtic Omaments, pi. x, xxi, xxiii ; Gilbert, Facsimiles, pi. xi, etc.
au pinceau en teintes plates, avec une sûreté de main prodigieuse1. Les couleurs les plus employées sont le vermillon, le jaune et le vert. Jamais l'or n'apparaît dans les manuscrits celtiques. Ces couleurs, mariées avec un goût délicat; produisent le plus bel effet, et conservent encore, après dix, onze et douze siècles, une étonnante fraîcheur -.
Il nous reste maintenant à examiner la structure et le degré d'originalité de chacun des motifs de la grammaire ornementale des Celtes chrétiens, lesquels se retrouvent sur la pierre et sur le métal aussi bien que sur le parchemin, mais dont certains ont été traités par les miniaturistes avec un bonheur sans égal.
S 4. — Les motifs d'ornementation.
La représentation des êtres vivants et principalement celle de la figure humaine est, nous l'avons déjà laissé entendre, le point faible de l'art celtique. Tout sentiment de proportion, de relief, de perspective et d'expression en est absent. Les Evangélistes ont un aspect raide et farouche. Il est parfois difficile de se rendre compte si le miniaturiste les a voulu représenter debout ou assis, tant le dessin est amorphe et rudimentaire. Pas la moindre vraisemblance dans l'arrangement des costumes. Dans les peintures les personnage ont presque toujours l'air d'être enveloppés d'un drap ou de bandelettes. Sur la châsse de saint
1. On trouvera dans l'ouvrage cité de Robisson et dans Celtic Ornamenls une foule de reproductions, dont beaucoup en couleurs, de petites initiales et autres ornements.
-2. Sur la composition chimique des couleurs employées dans les mss. irlandais, voir \Y. Reeves, U. J. A., vm, p. 221 et W. N. Hartley, Pr. R. I. A., 2e sér.,iv, 188S, p. 485-480.
Moedoc, où la draperie est un peu mieux indiquée, il règne une grande monotonie : chaque série de trois personnages y est vêtue identiquement de la même manière *. Les accessoires sont disposés avec une symétrie toute de fantaisie. Les chevelures sont longues et bouclées. Les narines sont invariablement dessinées de deux spirales, comme si elles étaient vues d'en bas. Les membres paraissent ankylosés, les mains sont inarticulées. On a prétendu discerner je ne sais quelles influences orientales, surtout égyptiennes, dans ces affreuses contrefaçons de la figure humaine 2. Disons donc tout net avec Auguste Molinier : « Ces personnages sont en bois, et telle des peintures reproduites par Westwood rappelle en laid les pires magots de l'Extrême-Orient3. »
Il est même des exécutions d'un caractère schématique inimaginable. Dans le livre de Deer, par exemple, le corps humain est figuré par un rectangle ou un trapèze surmonté d'un rond, sans indication de bras4. Le Christ en croix de la plaque de bronze trouvée à Athlone et conservée au National Muséum de Dublin a cette forme avec des bras en plus, — mais quels bras! — et une tête équivalant au tiers de la hauteur totale du corps 5. Il est même des cas où l'on croirait à une caricature intentionnelle. Dans le psautier de Southampton, David a une tête d'oiseau 6. Dans le psautier irlandais du British Muséum coté Viiellius, F. À7, il a une tête carrée avec un nez et un menton outrageu-