‹ Les chroniques de sire Jean FroissartChapitre 310 sur 820 · CHAPITRE CCLXX · texte numérisé non relu

CHAPITRE CCLXX

lie roi

pnt la

: robée et

Vous avez ci-dessus bien ouï conter l'e nance des Anglois, et comment Ds choient en trois batailles, les maréchaux à destre et à senestre , et le roi et le prince son fils en la moyenne. Et vous dis que le roi chevauchoit à petites journées, car ils étoient toujours logés entre tierce et midi; et trouvoient le pays si plentureux et si garni de tous vivres qu'il ne leur convenoit faire nulles pourvéances fors que de vins; et si en trouvoient-ils assez par raison. Si n'étoit pas de merveille si ceux du pays étoient effrayés et ébahis; car avant ce ils n'avoient oneques vu homme d'armes , et ne savoient que c'étoit de guerre ni de bataille. Si fuyoient devant les Anglois de si loin qu'ils en oyoient parler ; et laissoient leurs maisons et leurs granges toutes pleines, ni ils n'avoient mie art ni manière du sauver ni du garder. Le roi d'Angleterre et le prince de Galles son fils avoient en leur route environ i rois mille hommes d'armes, six mille archers et dix mille sergens de pied, sans ceux qui chevauchoient avec les maréchaux. Si chevaucha le roi en telle manière que je vous dis, ardant et exillant le pays, et sans point briser son ordonnance ; et ne tourna point vers la cité de Coutances , ains s'en alla devers la grosse ville de Saint-Lo en Cotentin, qui pour le temps étoit bonne vi le riche et marchande , et valoit trois fois tant que la cité de Coutances. En celle ville de Saint-Lo en Cotentin avoit très granddraperie et grosse, et

Page 1