HURON
La première information de ce détournement a été donnée par l'auteur de ce travail à la réunion de Cleveland de l'Association Américaine pour l'avancement des Sciences en 1888 avec un court résumé des délibérations de cette année.(1)
Ce résumé de mon levé (qui venait d'être exécuté) sur les lignes de rivage soulevées, allant sur des centaines de milles depuis le débouché du lac Huron, et suivant ses méandres au nord-est, constituait le caveat de ma découverte que la rivière Niagara recevait seulement de suis une époque récente, le drainage des lacs d'en haut et en raison du fait de son importance pour établir la priorité de ma découverte, il est reproduit dans l'Annexe vu. Là paraît l'énoncé suivant: "Le lac Warren s'est démembré et Huron, Michigan et Supérieur ont formé un seul lac, le bassin Erié est sorti du lit du lac Warren et s'est egoutté ... le débouché du lac d'en Haut était au sud-est de la baie Géorgienne . . . avec la continuation du soulèvement au nord-est ... les eaux ont reculé au sud-est et ont débordé dans le bassin Erié, ce qui a créé le débouché Erié des lacs d'en haut qui est de date récente. Ceci est prouvé par le fait que la plage qui marquait l'ancien plan de surface du Grand lac d'en Haut descend jusqu'au niveau actuel de l'eau à l'extrémité méridionale du lac Huron. Le bassin Erié est sans profondeur et au démembrement du lac Warren a été drainé par la rivière Niagara nouvellement construite, (sauf peut-être un petit lac au sud de Long point). Subséquemment, le gauchissement au nord-est a pu soulever une barrière rocheuse ... ce qui fait de l'Erié le plus jeune des lacs (pages 188-9).
Cette énonciation de la découverte appela immédiatement l'attention de M. G. K. Gilbert (2) avec lequel j'ai discuté
1 Proc. Am. Ass. Ad. Sci., Vol. XXXVII., pp. 197-8-9, 1888.
2 6th Rept. Commis. State Res. Niag., p. 71-73, for 1890.
du Canada] DÉTOURNEMENT DE DRAINAGE HURON 309
librement la question plus en détail, en mentionment les positions et les hauteurs de la plage Algonquin en divers endroits. Sur cette donnée, en avance de mon travail et de mes cartes de détail, il a présenté Tannée suivante un essai dont mes découvertes récentes formaient le trait principal. Faisant allusion au détournement du drainage Huron, de la rivière Niagara, il commence ainsi: 'Tour expliquer les effets du régime initial des pentes de terrain sur la distribution de l'eau dans la région des Grands Lacs j'ai préparé la carte de la planche 4. Dans l'ancien régime du drainage, la baie Géorgienne au lieu d'être une dépendance du lac Huron est elle-même le lac principal qui reçoit le l'excédent de 1' Huron. Les lacs Supérieur, Michigan, Huron et Géorgien constituent par eux-mêmes un régime lacustre, indépendant d'Erié et d'Ontario et le chenal de la rivière Détroit est à sec. Le lac Erié et le lac Ontario tous deux de dimension beaucoup plus réduite constituent une autre chaîne mais leur chaînon de raccordement, la riviere Niagara est un cours d'eau relativement petit."
Même dans cet énoncé complet, il ne fait mention d'aucune donnée pour son hypothèse du détournement du drainage Huron, du lac Erié mais, plus loin, il dit que j'ai affirmé qu'il y existe un autre débouché (Trent) pour le bassin Huron ' 'démontrant que durant l'existence de ce débouché, la rivière Détroit s'est elle aussi asséchée". Ainsi cette citation subséquente (avec le mot "also") apparaît comme hypothèse collatérale et non comme une donnée originale, ce qu'elle était, l'idée du détournement du drainage Huron et du petit lac Erié. Cette manière de présenter la découverte principale de l'ancien détournement des eaux de Huron, la plus importante de beaucoup qui ait été faite au sujet de la rivière Niagara, ne peut pas manquer de laisser l'impression que cette découverte était de lui, spécialement en raison de ce qu'il n'a pas manqué fréquemment d'y faire allusion sans même citer le nom de l'auteur. De plus, pour sa planche 5, qui montre le débouché Trent, il avait mes
310 CHUTES DU NIAGARA [Com. géol.
propres mesurages inédits son énoncé de fait; mais la citation de mon propre résumé établit la priorité de la découverte.
La grande importance du détournement du drainage Huron repose dans le fait qu'il a énormément augmenté la longivité des chutes Niagara que Ton ne suspectait pas encore. Il enlève aussi la possibilité de l'accroissement du volume de la rivière par suite de la fonte d'une nappe de glace sur les hauteurs canadiennes, comme le Dr Gilbert l'avait d'abord supposé.
On a trouvé aussi d'autres plages nécessitant un débouché inférieur à celui de la vallée de Trent. Ce débouché est fourni par la tranchée du Nipissing. Les Indiens suivaient cet ancien débouché du lac Huron comme une grande artère par laquelle ils menaient les explorateurs français qui venaient de la rivière Ottawa, ils passaient la basse ligne de partage qui n'a que trois milles pour atteindre le lac Nipissing, puis descendaient la rivière aux Français pour arriver au lac Huron. De fait, dès 1615, Champlain suivait cette route, revenant avec les Hurons, par le surplus Algonquin, passant le lac Simcoe et le lac Balsam et descendant la rivière Trent. Bien que le débouché Nipissing fût théoriquement cité par le Dr Gilbert après ma découverte du détournement nord-est du drainage Huron partant du bassin Erié, le professeur G. F. Wright(1) a été le premier à observer des traces nettes de lignes de rivage, qui s'y rapportent, bien que des explorations précoces du Dr R. Bell y indiquassent l'existence de plages. Elles ont été davantage explorées par M. F. B. Taylor qui a plus complètement établi par observation directe le débouché Nipissing(2) Quant à l'endroit où j'ai trouvé que les chutes avaient reculé avant l'addition du drainage Huron (voir page 205).
1 Bull. Geol. Soc. Am., Vol. V., pp. 620-6, 1894.
2 Bull. Geol. Soc, Vol. IV., pp. 423-5, 1893.
du Canada] TOURNANT DU DRAINAGE HURON 311