TRAITS DU BASSIN ONTARIO
Le trait principal du bassin du lac Ontario est l'escarpement noyé du côté méridional, montrant le genre de la vallée du lac qui a déjà été signalé, il y a bien des années. (1) On se faisait à cette époque une idée exagérée de l'érosion glaciaire que l'on peut s'expliquer par l'ignorance de certains traits. Feu le professeur J. S. Newberry, était le chef de cette école et cependant, il pensait que l'on pouvait trouver un ancien chenal entre le lac Erié et le lac Ontario. Un chenal de ce genre a été décrit par l'auteur et l'on sait maintenant qu'il constitue seulement une des deux ou trois dépressions qui croisent la péninsule Niagara.
Le lac Ontario est seulement une auge profonde atteignant 738 pieds de profondeur, tandis qu'il a eu seulement 246 pieds au-dessus du niveau de la mer. Le point le plus profond est presque au nord du lac Seneca, qui atteint 165 pieds au-dessous du niveau de la mer. Plus vers le débouché du lac Ontario, le plancher se soulève sous la forme de chenal qui règne à l'est.
1 "Discovery of the Pre-glacial Outlet of the Basin of Lake Erie" par J. W. Spencer, Proc. Am. Phil. Soc. Phila. Vol. XIX, pp. 300-337 et aussi dans le rapport du Service Géologique de Pennsylvanie. Vol. QQQQ.
Ce trait a rendu très difficile l'investigation de l'origine du bassin car il y avait certainement une vallée du genre rivière dans le lac sans aucune manifestation de sa continuation jusqu'au débouché actuel. C'est pour expliquer le soulèvement du plancher ainsi que de la grande profondeur du lac en dessous de la surface qu'il a fallu avoir recours à l'érosion glaciaire, bien que les striations sur les surfaces de roches fussent fortement marquées dans une direction toujours oblique à la face de l'escarpement. Ceci écarterait une origine de ce genre pour les bassins.
L'étude plus précise des détails a montré qu'en un endroit à vingt milles à peu près à l'est de Toronto, et à une demidouzaine de milles de la rive nord, il y avait un chenal atteignant à 474 pieds, tandis que les sondages de chaque côté avaient une profondeur de 200 pieds seulement. (1) A la tête du lac, il y a une large vallée qui est réellement un canon recomblé. C'est la vallée de Dundas avec des murs rocheux surplombant le lac de presque 500 pieds. Sur le flanc de cette vallée, qui va jusqu'à la ville de Hamilton, un sondage (à l'Hôtel Royal) a montré que le chenal enseveli atteint 292 pieds audessous du lac Ontario et entaillait le plateau Niagara jusqu'à une profondeur de plus de bOO pieds. La profondeur du lac à l'ouest, jusqu'au sud de Toronto est de 400 pieds. Cette vallée ensevelie de Dundas pénètre complètement dans la zone de calcaire Niagara et se réunit avec un bassin dans la formation Salina au delà.
Pour revenir aux sondages du lac Ontario, on trouve que le prolongement nord-est du lac est bas et contient beaucoup d'îles. Elles sont de formation calcaire (Trenton et autres séries apparentées) gisant en strates presque horizontales. Ce sont évidemment des chenaux plus profonds; car, parmi les mille îles, à quelques milles en aval du débouché du lac, l'eau atteint une profondeur de 240 pieds. La rivière croise
1 On the B. A., but not on the U. S. chart.
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là une zone étroite de roche cristalline du système Laurentiem Mais la première barrière rocheuse en travers de la rivière se trouve aux rapides Galops, à soixante-six milles en ligne droite de Kingston, à la sortie du lac. La profondeur est réduite là à douze à treize pieds en un endroit à un tiers de mille en aval de l'ancienne écluse N° 27. Cette barrière se compose de calcaires de même nature que ceux à la sortie du lac.
Cen'est que plusieurs années après les observations de la nature fluviatile des bassins du lac qu'on a pu donner une explication rationnelle de la barrière en question. J'ai pu subséquemment appliquer le gauchissement enregistré dans les traits postglaciaires. De l'endroit le plus profond à la sortie, on peut tirer une ligne à peu près parallèle à celle de Canastota au cap Tuthland (ferme Prospect, quatre milles à l'est de Waterton) à l'extrémité orientale du lac. Entre ces deux points la plage Iroquois s'élève de 282 pieds {voir carte planche xxxiii). Comme on l'a dit au chapitre xxn (page 298) le soulèvement postglaciaire entre le lac Ontario et les rapides Galops s'élève à 500 pieds au moins. On trouve là un gauchissement différentiel qui suffit à expliquer les barrières transversales du débouché du lac Ontario, car s'il était redressé il ne suffirait pas à arrêter l'écoulement de la rivière dans le bassin actuel du lac. Ce résultat s'obtient sans avoir déterminé le dernier reste du changement différentiel de niveau. Dans ces conditions, le débouché d'Ontario sur la bordure rocheuse serait à 500 pieds au-dessous du niveau de la mer. En même temps, il montre la continuité du caractère de la vallée laurentienne avec celle du bassin du lac Ontario. Ces traits ont été assez pleinement expliqués d'une façon générale dans "Origin of the Basins of the Great Lakes of America", {1) et travaux antérieurs. Une investigation complète de la vallée du St-Laurent n'a jamais été faite et l'on pourrait peut-être trouver des chenaux
1 Quar. Jour. Geol. Soc. London, Vol. XLVI., pp. 523-533, 1890.
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un peu plus profonds adjacents aux rapides comme le fond supposer des observations récentes. Mais dans ces circonstances, une vallée de ce genre en dessous du niveau de la mer aurait dû être formée durant la période de haute élévation continentale.