LEVÉS DES CHUTES
Carte de Montresor.— Le 5 juin 1764, ordre a été donné au capitaine John Montresor, ingénieur en chef du roi George en Amérique, de procéder au levé immédiat de la rivière Niagara. Dans son journal (1) il écrit: "Ordre reçu de procéder à un levé astronomique à la planchette de Niagara au fort de Little Niagara (c'est-à-dire Fort Schlosser), pour plusieurs travaux qui ont été exécutés depuis mon arrivée." Cette carte est reproduite à la planche III. Il faut remarquer que Fort Erié ne figure pas sur la carte et n'a pas été construit avant la fin de l'été de cette année. La carte est faite d'après une photographie de l'original qui se trouve au British Museum (2) et qui a été procurée grâce à l'amabilité de l'hon. Peter A. Porter de Buffalo. Cette carte, bien que les détails soient inexacts, donne une assez juste représentation de la rivière. Elle est spécialement intéressante en ce qu'elle montre que le sommet arrondi arrive tout près du côté canadien sans la profonde dentelure due maintenant au changement de direction de la gorge.
Carte de Stegman. — Une carte du voisinage des Chutes du Niagara à l'échelle de trois chaînes au pouce a été faite par
1 Réimprimé dans la publication de la Société Historique de N. Y. de 1881.
2 Le numéro de la carte du British Museum est CXXL, p. 73.
John Stegman d) et porte la date du 17 janvier 1799. Elle a été faite par levé à la boussole, mais n'est pas aussi exacte qu'elle le devrait. Ceci est bien visible, là où les lignes de rivage intermédiaires sont esquissées mais les points saillants correspondent souvent intimement avec les plus récents. La courbe des chutes Canadiennes est trop large. Mais il y a d'autres points dans la carte précieux pour l'étude du retrait. Voir la carte, de dimension très réduite, planche IV.
Fig. 1. Carte esquisse des Chutes en 1764 (Montresor)
Levé Ellicott, qui passe pour avoir été fait en 1789 à peu près, n'a pas été retrouvé. Mais sa description des chutes (2) écrite cette année est réimprimée dans l'Annexe I. M. Ellicott à cette époque précoce évaluait l'âge des chutes à 55,440 années à peu près (3)
1 "Parc des Chutes du Niagara," Cour d'appel d'Ontario, cartes et plans "B" dans le livre d'Appels 1894. Deux exemplaires seulement destinés a être employés au tribunal ont été imprimés. On peut en voir un à la bibliothèque d'Osgoode Hall et un à la Bibliothèque Publique de Toronto et l'auteur possède une copie. Il y a aussi dans ce volume des cartes de Chewett et d'autres.
2 ' Massachussetts Magazine' juillet 1790, p.p. 387-8.
3 'Journal' de William Maclay, Appleton, 1890.
du Canada]
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[Corn. géol.
Carte du Levé de la Frontière Internationale de 1819. — Sur cette carte la ligne de crête des chutes a été reportée sur la carte, planche IL On a eu du mal à localiser la position des deux extrémités de la ligne de crête, mais la carte de Stegman nous a beaucoup aidé.
Autres cartes premières. — Le levé de Chewett en 1831, celui de M. M. Burwell, Keating et Hawkin, en 1834, et d'autres nous aident à connaître la détermination précoce des traits des chutes (1).
Dans la carte de Stegman les chutes forment un croissant aplati. En 1819, il y avait un sommet très pointu contrastant avec la forme aplatie du levé fait par le professeur James Hall (2).
Levé Hall, du Service des Lacs des Etats-Unis, de Woodward, Kibbe et Spencer.
Le premier levé trigonométrique des chutes du Niagara, fait pour établir une base du mesurage du retrait a été celui de Hall, en 1842. Le second mesurage a été fait par le Service des Lacs des Etats-Unis, en 1875 (3). A cette époque un nouveau cran commençait à se former d'un côté du centre, mais le principal retrait était à la tête et vers le côté occidental. Le troisième levé a été celui du professeur R. S. Woodward, en 1886. Durant ce dernier intervalle, le retrait était faible, là où il avait été auparavant le plus grand. Mais il y avait un fort agrandissement de la cime qui était apparu en 1875. Il ressemblait un peu à la forme de 1819. Le levé de Augustus S. Kibbe (4) de 1890 était le plus détaillé. L'accroissement de la cime de 1886 s'était arrêté. Le grand retrait était du côté occidental comme en 1875, mais il avait pris une forme plus aiguë. Le levé suivant fut commencé par moi en 1904
1 Voir note en bas de la page 22.
2 "Natural History" de l'Etat de N.Y., Vol. 4, 1842 (à l'échelle réduite).
3 Carte du Service des Lacs, Chutes du Niagara, échelle 1 à 10,000, 1875.
4 Septième Rapport de la Com. State Res. Niagara, N.Y., 1891.
du Canada]
[Com. géol.
du Canada] MESURAGES DU RETRAIT 29
avec l'assistance de M. J. Goodwin, I.C., et M. M. Hoyle et McPherson, ingénieurs de Y Electrical Development Company. En août et plus tard, en novembre 1905, j'ai repris le levé de la ligne dé crête avec mes assistants; mais, en décembre, il s'est produit une curieuse chute de roche qui est indiquée sur le plan en ligne pointillée. On la voit aussi dans la planche VII (1) qui indique l'effet de l'eau détournée de la tablette de Goat Island. Dans l'annexe II, on trouvera les données ayant trait au levé,
Voilà les cinq levés qui marquent les quatre périodes du mesurage du retrait. Il est bon de signaler qu'un autre levé a été fait. Après que j'eusse fait mon premier levé, en octobre 1904, et après avoir été invité de contribuer aux résultats de la "Commission of the New York Reservation" aux Chutes du Niagara (invitation que j'ai dû refuser), j'ai trouvé à mon retour pour compléter les investigations des chutes en 1905, que le Service Géologique des Etats-Unis avait envoyé un arpenteur pour faire un duplicata de mon levé qui était alors une question purement scientifique. La personne chargée de ce travail avait eu l'occasion de voir mon relevé d'octobre 1904 et plus tard je vis les résultats du sien. Il y avait quelques écarts qui m'ont induit à refaire mon travail en novembre 1905, ce qui a confirmé mes observations antérieures comme l'a fait aussi la photographie de la ligne de crête indiquée dans la planche VI • Cependant ceci est un détail sans importance, car en quelques années tout sera changé.
De scientifique, pour laquelle mon levé avait la priorité, la question devenait internationale, du moment où l'arpenteur localisait la ligne internationale beaucoup plus près du côté canadien qu'elle avait été placée par la commission de la frontière en 1819. Le sommet des chutes est maintenant situé à 400 pieds à peu près à l'ouest de la ligne frontière, ce qui place le croissant en territoire canadien. A part toute question de
1 Photographié le 9 décembre 1903.
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frontière, un levé des chutes peut seulement se pratiquer du côté canadien. Mes deux levés d'août et de novembre 1905 sont les derniers réellement faits, tandis que celui d'octobre 1904 arrive juste après celui de Kibbe. On a vu dans la première édition de la carte de retrait, destinée à accompagner le Rapport Sommaire de la Commission géologique du Canada de 1905, qu'il ne s'était pas produit dans l'intervalle de changement ayant une importance.