‹ Les chutes du NiagaraChapitre 54 sur 271 · STRUCTURE ROCHEUSE INFLEUNÇANT LE RETRAIT DES CHUTES · texte numérisé non relu

STRUCTURE ROCHEUSE INFLEUNÇANT LE RETRAIT DES CHUTES

En examinant les lignes de crête retraitantes on voit que la marche du retrait des chutes canadiennes varie suivant sa forme, suivant que c'est un croissant régulier ou qu'il est dentelé par une cime en forme de V, ce qui constitue ses traits alternants. La structure de la roche sous les rapides a dans une certaine mesure facilité l'œuvre des chutes. Le plancher rocheux sous ces rapides, en amont de la cataracte est partout composé de calcaire dolomitique dur en lits d'épaisseur variable, quelques-uns n'ayant que trois pouces tandis que d'autres sont massifs spécialement près du bord des Chutes. Ce plancher rocheux est partout jointe et ces joints qui sont ouverts forment des crevasses comme montrent les planches XIII A et B, qui sont des photographies du lit de la rivière temporairement asséché par 1' Electrical Development Company.

Ces joints ouverts amènent leur plus fort effet d'érosion près du bord des chutes, car ils exposent des blocs de roches au terrible effet du courant déjà accéléré par une déclivité de cinquante pieds si bien que les massifs frontaux sont écartés et exposent davantage les lits inférieurs à l'action des chutes. Ces résultats sont bien montrés par la chute de Novembre mentionnée plus haut (voir planche XII, page 33).

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En d'autres endroits de la tablette de l'île Goat, on voit que l'eau se précipite sur les blocs séparés et rebondit, ce qui produit l'effet d'éclaboussement des rapides.

Comme l'a remarqué il y a plus de soixante ans sir Charles Lyell, ces rapides en amont des chutes ne sont pas l'œuvre de la rivière Niagara mais sont des surfaces en pente qui datent de l'époque pré-glacière. J'ai découvert que le plancher rocheux des rapides était autrefois le siège d'une large vallée préglaciaire sans profondeur rouverte maintenant et formant le plancher du parc Queen Victoria du côté canadien, mais encore ensevelie à l'île Goat sur le côté de New- York. On a longtemps cherché la raison de ce bassin des chutes comblé et surchargé, de matériaux de transport, mais jamais avant mes récentes investigations on n'aurait réussi à découvrir que ce bassin borné d'un côté par les roches sous les rapides se reliait à la vallée ensevelie qui se prolonge au sud-est en contournant les rapides pour atteindre le village de Chippawa.

Le banc rocheux qui détermine la hauteur de la rivière est presque horizontal, parce qu'il croise presque perpendiculairement l'allure des lits. C'est cette structure qui donne une profondeur si uniforme à la lisière du bassin supérieure montré dans les planches XII et XXXI A et B.

La lisière à la Première cascade est un trait visible de la tête de l'île Goat à un point en amont des îles Dufferin et cependant, en approchant du côté ouest, sa hauteur est diminuée de plusieurs pieds parce que le plancher rocheux passe sous les dépôts de transports près des îles. De fait, si l'arête de transport qui a formé les berges de la rivière Niagara primitive avaient été un peu plus basse, le cours du chenal aurait été détourné d'un demi-mille plus ou moins à l'ouest où la roche de lit est plus basse que la cascade Greens. Ce changement aurait occasionné la reouverture de la vallée ensevelie avec l'abaissement du lac Erié et la formation d'une cascade à son débouché. Alors les rapides en amont des chutes ne se seraient pas formés.

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