‹ Les cinq minutes du commandeur drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 13 sur 64 · MARIE, LOUISON · texte numérisé non relu

MARIE, LOUISON

LOUISON

Ce pauvre Marquis ! avoir si peu de lèle !

MARIE, à part, assise à la table.

Mon -père va renlrer, el ce irav'iil / ( Elle reprend le papier sur lequel elle a commencé d’écrire.) Je n’ai plus la force de l’achever... il me fait horreur/

LOUISON

Se mettre dans un pareil état pour une souris I MARIE, écrivant.

Son frère vient de t’expliquer comment...

LOUISON, à part.

Voyons si je découvrirai quelque chose; je ne l’ai jamais vue si triste !... (Haut.) Sais-tu que celle qui sera sa femme ne manquera pas de carrosses pour aller à la messe?

MARIE, écrivant toujours.

Très-certainement, c’est le plus riche parti qui soit ici.

LOUISON, appuyée sur le dos d’une chaise.

Et de bien loin. (Haut.) Le plus riche, le plus riche... On dit pourtant que le jeune comte de Tournon est encore plus riche... MARIE , écrivant.

Je ne le crois pas. (A part). Je ne flnirai donc jamais !

LOUISON

Est-ce qu’il ne va pas venir ce soir, ce jeune comte de Tournon?

MARIE, écrivant.

Il ne manque jamais à nos réunions.

• LOUISON

Quel charmant officier !

MARIE, écrivant.

Accompli 1

LOUISON, à part.

Elle en dit trop de bien. (Haut.) Est-ce que iule trouves encore plus beau qlie M. de Rosaraberg, ce jeune capitaine ? En voilé un qui est assidu près de toi ! (A part.) Est-ce celui-là?

MARIE, écrivant.

Je les trouve fort bien tous les deux.

LOuisoN, à part.

Fort bien tons les deux... ce n’est pas cela. {Haut.) Ah! si l’un ou l’autre avait le caractère de M. de Mornac, la fleur des colonels, tu n’hésiterais pas tant. Le verrons-nous aussi, M. de Mornac î

MARIE, écrivant.

J’y compte, et je serais désolée. .. >

LOUISON

Quelle vivacité I quelle pétulance ! Un cerveau brûlé!... Es-tu comme moi?... J'aime les brûlés... Le Commandeur qui ne s’attache pas au premier venu, l’estime considérablement. A propos, tu sais que ce pauvre Commandeur est sur le point...

MARIE, ayant cessé d'écrire.

Louison, quelle heure est-il?

LOUISON, à part.

Ah! elle ne veut pas qu’on en parle.. (Haut.)Tu me demandes l’heure?... Moi, je le trouve fort bien, et si tu veux avoir mon opinion tout entière...

MARIE

J’entends venir ces messieurs. (Elle cacheté rapidement le manifeste et le remet à Louison. ) Porte ceci dans le cabinet de mon père... Val

LOUISON, à part en s’en allant.

Tiens, tiens I... Ce serait donc le Commandeur... mais alors... mais alors... rivalité entre les deux frères... et M. le comte de Canilly qui s’est allé imaginer un troisième amoureux. Oh ! ima-

f nation des hommes... et des femmes 1... (Elle sort par le fond droite. — Entrée des Jeunes Seigneurs par le fond.)

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