‹ Les cinq minutes du commandeur drame en cinq actes et sept tableauxChapitre 59 sur 64 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MARIE, LOUISON, entrant par le fond à droite.

MARIE

Ah ! viens, Louison !...

M’aimes- tu?

LOÜISON.

Elle le demande I

MARIE

M’aimes-tu bien ?

LOUISON

Non.

MARIE

Louison I

LOUISON

Ma fille !

MARIE

Tu n’ag pas peur?

LOUISON

Et de quoi ?

MARIE

Tu connais le couvent de Saint-Ambroise?

A deux pas d’ici, au bout du faubourg.

UAHIE.

Mais il fait si froid, si noir... et tu es malade depuis plusieurs jours...

LOÜISON.

Ce n’est rien ; une forte douleur au côté, un peu de gêne dans la respiration, la peau brûlante... Qu’est-ce qui n’a pas cela? Mais, explique-toi.

MARIE

Prends ma voiture, et cours au couvent.

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Ensuite ?

DOUISON.

MARIE

Tu sais ce qui est arrivé au Commandeur?

LOUISON, pleurant.

Ils l’ont tué, lui, si bon 1. . . Ils l’ont tué I

MARIE

Le Commandeur n’est pas mort ; on fait courir ce bruit afin que les gens du roi ne le recherchent pas... Comme tu me regardes !.. . Non, te dis-je, il n’est pas mort.

LOOISON.

Mais, mon enfant !... (A part. ) Son cousin ne ne lui a donc pas dit?...

MARIE

Une fois au couvent, tu demanderas k être introduite auprès du Commandeur.

LOUISON

Auprès du Commandeur ?.. Mais, encore une fois, le Commandeur...

MARIE

ïais-loi ! tais-toi I Tu remettras ceci au Commandeur... (Elle ne lui remet rieji.)

LOOISON.

Quoi ? Tu ne me donnes rien.

MARIE

Tu as raison. Tiens. ( Elle prend convulsivement une feuille de papier sur laquelle elle jette rapidement ces mots qu'elle prononce à haute voix.) » Si vous vivez, un signe, un signe qui me l’apprenne... » (A Louison, ) Pars maintenant. Trois minutes pour franchir le faubourg Saint-Antoine, deux pour arriver au couvent do Saint-Ambroise... En dix minutes, tu peux être revenue. Reviens plus tôt !

Une dernière fois, ma pauvre enfant...

MARIE

Une derniere fois je le veux.

LOUISON

Tu l’ordonnes?

MARIE

Je t’en prie ! Je te le demande k genoux, ma bonne Louison ! Tii ne me refusais rien autrefois quand tu me portais dans tes

bras, quand j’étais petite... Eh bien! je suis encure petite... ( Elle l'embrasse. )

LOUISON

Ça vous ferait sortir du tombeau pour lui rendre service.

HARIB

Oui, va... reviens !... ( Louison sort par la droite. Marie à genoux. ) Maintenant sauvez-le, mon Dieu ! et je jure d’accomplir aujourd’hui même lo vœu solennel de celte nuit. {Se relevant d'un air inspiré.) Mon vœu est écrit là-haut.

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