‹ Les circulations en banque: ou, L'impasse du monopole, émission et changeChapitre 29 sur 40 · V. la Monnaie de Banque^ p. 445 et suiv · texte numérisé non relu

V. la Monnaie de Banque^ p. 445 et suiv

CONCORDANCE DE l'ENCAISSE ET DES COMPTES COUPANTS

P. 7, note 1. — Comme il est arrivé de voir contester, à l'aide de chiffreshabilement triés, cette marche, concordance qui se fait remarquer aux heures particulièrement critiques, il convient de s'étayer ici du langage même de la Banque. Voici ce qu'on lisait dans le Compte rendu de 4850, exercice de 1849 :

« Peut-être n'a-t-on pas assez généralement compris que les rapports entre l'actif disponible et le passif exigible ne variaient point dans la proportion de la hausse des Encaisses comparée au montant de la Circulation ; car les Comptes-courants remboursables sur demande font partie du passif exigible aussi bien que les billets en émission. Or, ces Comptes-courants HAUSSENT toujours en même temps que les encaisses, »

Est-ce clair? -^ lA Banque doit-elle ôtr« qrue lorsqu'elle affirme cette loi constante autant que rationnelle?

P. 28. — Mais de môme qu'il ne faut pas multiplier les machines sans nécessité... »

Voici le passage du rapport de Bérenger auquel il est fait allusion en note. Cette appréciation des plus remarquables mérite d'être citée à ime époque oii il semble que cela soit complètement perdu de vue par quelques princes de la science :

« Les métaux monnayés sont un tmlrument qui sert à t0Q€ les genres de commerce, mais qui n est l'objet d'aucun (ceci est théoriquement exact) ; ils ne sont employés dans aucune manufacture, ils ne sont consommés par personne ; ils sont bornés à un mouvement de circulation qui n'en augmente pas la valeur. Ils ne produisent donc aucun revenu...

>» La Monnaie est donnée et reçue comme valeur égale à celle des marchandises ^qu'elle achète ; elle sert ainsi de mesure à toutes les valeurs commerciales et de médiateur aux échanges, aux emprunts, à la plupart des transactions sans être l'objet réel d'aucune opéraiion de commerce .. Comme elle ne produit aucun revenu, on doit la considérer comme un capital étei7it par la conversion du métal en monnaie. — Ainsi, la Monnaie est un objet de dépense pour la nation chez qui elle circule ; cette dépense égale le revenu que le métal aurait produit sous une autre forme et la détérioration que la Monnaie subit en circulant.

» La Monnaie est aux échanges ce que les machines, les instruments, les ouvrages d'art sont aux manufactures. Elle économise le travail, multiplie les produits. »

A propos de l'Émission en banque, Tauteur de ce rapport fait, sur la Monnaie, une remarque qui montre à quel point Bér^ger possédait Tintelligence de ce mécanisme. Voici comment il explique, contrairement à l'opinion alors accréditée, que le billet émis par les Banques déplace une masse de produits et de services supérieure à celle des métaux monnayés dont elle tient la place :

« Leur papier Remplace même une quantité de monnaie réelle, supérieure à celle qu'elle représente, parce qu'il est plus portatif et plus tôt compté que les écus ; il est donc plus favorable à la multiplicité des échanges. Or, c'est dans l'activité des échanges que consiste Vactivité du commerce, n

Bérenger eut pu ajouter que la quantité de numéraire ainsi

remplacée est d'autant plus grande, c'est-à-dire suporiouro, que

le taux de l'escompte peut descendre plus bas par cela seul que rËmission implique des frais minimes sinon nuls.

Voici enfin en quels termes Téminent rapporteur de Tan X fera justice de la cherté de Tor et de l'argent au point de vue de la Balance du commerce :

« Quand la Monnaie courante est fort au-dessous du poids légal» le prix des lingots augmente comme celui de toutes les autres mgr^ chandises, et on n'en porte aux Monnaies que quand les besoins excessifs de la circulation absorbent cette différence. C'est la seule cause permanente de la rareté du numéraire, quoi qu'en disent ceux qui l'attribuent à la balance défavorable du Commerce. Comme s'il était plus difficile d'acheter de l'or et de l'argent que du sucre et des mousselines, et comme si chaque espèce de marchandise ne se portait pas naturellement des lieux où son abondance en diminue le prix vers ceux où sa rareté lui procure l'emploi le plus avantageux. »

P. 29. — LE TERRAIN SOLIDE DE L'oR, d'après Bemard Palissy.

En voyant exalter de nos jours, comme pour donner plus de force avec plus de prise à l'ignorance, le pouvoir des métaux choisis comme instrument des échanges, on est naturellement conduit à s'armer de l'histoire pour faire justice de semblables expositions. Voici comment, au XVI® siècle, Bernard Pahssy, comprend la théorie de la Monnaie et ce qu'un professeur émérite appellera de nos jours le Terrain solide de Vor, Le dialogue s'engage là-dessus de la façon la plus piquante, suivant la méthode du sublime potier, entre dame Théorie (Théorique, comme on disait alors) et dame Pratique.

Je ferai môme, à propos de cette forme de langage, une remarque. On a demandé un jour au sein de la Société d'Économie politique, c'est je crois son honorable secrétaire M. Joseph Garnier, pourquoi de nos jours, on ne dit pas V Économique comme on dit la Physique, la Musique, etc. Le dialogue qu'on . va lire montre clairement que la langue a procédé, ici, par élimination et par une sorte d'arbitraire. On ne dit plus la Théorique, mais la T/iéorie; la Chimique, mais la Chimie, et cependant les mots de Physique, Musique sont restés. — Revenons au Terrain solide de Vor. Voici en quels termes il était parlé, il y a deux c^nts an^j. de cette incomparable richesse.

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