‹ Les cirrhoses alcooliques du foieChapitre 6 sur 34 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'histoire des cirrhoses du foie, qui ne comprenait, il y a dix ans à peine, que quelques types morbides apparemment irréductibles, est aujourd'hui un des chapitres les plus complexes de la pathologie hépatique.

Pour la cirrhose de Laënnec même, dont l'individualité semblait inattaquable, la conception demeurée si longtemps classique a été singulièrement modifiée.

L'observation a montré en elïet que la cirrhose atrophique,. primitivement assimilée à une maladie autonome, spéciale aux buveurs, n'était pas sous la dépendance exclusive de l'alcoolisme et que d'autres intoxications, voire les infections ou les toxi-infec-

tions, étaient capables aussi, quoique plus rarement peut-être, de réaliser le même processus.

D'autre part on s'est aperçu que l'alcool engendrait des formes d'hépatites jusqu'alors ignorées ou mal interprétées : telles les cirrhoses à marche aiguë et la cirrhose alcoolique hypertrophique.

Le domaine de la cirrhose de Laënnec, peu à peu morcelé au profit d'espèces nouvelles, que la médecine contemporaine seule pouvait étiologiquement différencier, s'est donc enrichi, par contre, de variétés, peu nombreuses il est vrai, mais d'une importance considérable, qu'une étude plus attentive des faits a su lui rattacher.

Ainsi s'est constituée la classe des cirrhoses alcooliques, synthétiquement réunies par une pathogénie commune, dont l'authenticité, quoi qu'on en ait dit, défie toute contestation sérieuse.

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