PERMANENCE DES RENTES
raissent comme ideiiliques. Voici, par exemple, dans la seigneurie du Plessix-Raffiay, le bailliage des Crannes en Domagné : le rôle de 1586 porte une rente totale de 8 livres 15 sous 7 deniers monnaie, qui s'est maintenue à peu près identique pendant tout • le XVIP siècle ; en 1690, la rente a même légèrement diminué; elle n'est plus que de 7 livres 16 sous 5 deniers monnaie, chiffre que nous retrouvons encore en 1758 W. Le fief de la Paussayère doit de rente, en 1571, 13 livres 4 sous 9 deniers; en 1748, 12 livres 10 sous 5 deniers®. Dans la seigneurie de Bois-de-Miniac, le bailliage du Plessis- Goudray acquitte, en 1581, une rente de 21 livres 3 sous 10 deniers monnaie, et de 15 boisseaux de froment 1 godet 1/3 ; en 1739, la rente est presque identique : 21 livres 7 sous 9 deniers et 14 boisseaux 9 godets de froment (3). En 1505, la rente du bailliage de Poglé est fixée à 110 sous 5 deniers monnaie et 7 boisseaux 1/2 godet de froment ; en 1743, elle ne s'élève qu'à 116 sous 2 deniers et 7 boisseaux 2 godets 2/3 et 1/6 de froment (^). Les exemples analogues abondent dans les fonds seigneuriaux (s). — Par contre, on constate parfois, dans tel ou tel bailliage, que la somme totale des l'entes s'est accrue au XVlP et surtout au XVIIP siècle; mais cet accroissement est rarement très considérable; il porte sur les redevances en nature plutôt que sur les redevances en argent, et il semble résulter beaucoup moins de l'élévation des anciennes rentes
(1) Fonds du Plessix-RaHray (Arch. d'IUe-et-Vilaine, E 283). (2! Ibid. (E 283).
(3) Fonds de Bois-de-Miniac (Arch. d'Ille-et-Vilaine, E 7). (4^ Ibid., E. 5. Dans le bailliage de la Sauldraye, les renies en argent et en nature restent identiques de 1580 à 1740 {ibid., E 6).
(5) Quelquefois même on remarque une diminution des rentes : le bailliage de la Bouyère {(onds de Mont[ort, Arch. d'Ille-el-Vilaine, E 133), doit :
En 1598, 8 1. 13 s. niou. et 26 boisseaux 1/4 de froment;
En 1698, 55 s. 7 den. et 18 boisseaux de froment;
En 1719, 22 s. 10 den. et 19 boisseaux de froment. I.p bailliage du Désert en Pire ({onds du Plessix-RaHiay, ibid.. E 283) doit :
En 1670. 32 s. 4 den. mon. et 8 boisseaux d'avoine menue, 2 poules;
En 1759, 26 s. 8 den. mon. et 7 boiss. 1/3 d'avoine menue, 1 poule 3/4. Dans ce dernier bailliage, on peut constater une diminution du nombre des tenanciers.
que de la création de rentes nouvelles, provenant d'afféagements, de tenures récemment constituées W.
On est donc en droit d'affirmer que, du XVP siècle à la Révolution, les rentes seigneuriales ne se sont élevées que dans une très faible mesure. Comme la valeur de l'argent ne cesse de diminuer, il apparaît clairement que les rentes en argent deviennent pour les tenanciers une charge de plus en plus légère. Seules, les redevances en nature conservent leur valeur primitive; et voilà pourquoi elles sont beaucoup plus lourdes que les premières. Mais, tout au moins, dans la plupart des cas, elles ne pèsent pas plus sur les paysans au XVIIP siècle qu'au XVIP ou au XVP.
(1) De 1608 à 1696, dans le bailliage de la Gibonnais, on peut noter une légère augmentation des rentes (londs du Plessis-Botheiel, Arch. d'Iile-et- Vilaine, E 265). En 1630, le bailliage de la Hersaudais doit de rente : 7 1. 6 s. 2 den. mon. et 6 boisseaux 15 godets d'avoine; en 1698, 7 1. 3 s. 4 den. et 11 boisseaux 2 godets d'avoine (londs de la Chapelle-Chaussée, Arch. d'IUe-et-Vilaine, E 98). Cf. aussi les rôles rentiers du fief de la Fosse-Louyère [fonds de la Bédoyère, ibid., E 90). Dans la seigneurie de Briord, on constate une augmentation très considérable des rentes, du XVP au XVIII' siècle (Arch. de la Loire-Inférieure, E 375).