UOTJVEHENT DE LA POPULATION
et des décès, qu'il indique pour la période qui s'étend de 1770 à 1787 ») :
Années
Nalnanoes
Déote
Années
NaiManoes
Décès
Total..
Il est impossible de garantir rexaciitude de ces chiffres, car il ne saurait être question, à cette époque, de statistique précise. Ce sont des données tout approximatives, mais qui,
(1) Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 1400. Voy. aussi pour l'année 1787 un relevé du mouvement de la population dans les diverses parties de la Bretagne (Arch. i\at., D IV bis, 43) :
Sénéchaasaées • on sièges royanz
laimMM
Décès
bénéchanssées on sièges royaux
biaisrcs
Décès
Vannes
Dinan
Guérande
Ilennebont
Nantes
Lesneven
Bazouges
Saiot-Aubii-dn Cjtmin . . .
Carhaix
Ploérmel
Fougères
Lannion
Concarneau
Illédé
Antrain
Cbltr»o«uf-'B-Fiso . . .
Morlaix
Quimperlé
Gourin
'Oiiimper
Châleauiin
Rhuis
Jupîon
Rennes
Sainl-Brieuc
Auray
Brest
490 LA IfISÈRE ET SES CONSÉQUENCES.
cependant, semblent mériter quelque créance (*). Ainsi, de 1770 à 1787, rexcédent total des décès sur les naissances serait de 101.594; et il serait moins considérable dans les campagnes que dans les villes; en effet, de 1778 à 1787, on compterait, dans les villes, 122.093 naissances contre 159.860 décès, soit un excédent de décès de 23 % ; dans les campagnes, 892.119 naissances contre 972.242 décès, soit un excédent de décès de 8 % <2). Dans les années normales, les naissances sont sensiblement supérieures aux décès (3), mais, dans les années de crise, de disette, d'épidémie, le déficit des naissances est vraiment considérable : en 1772, 1773, 1774, 1775, 1779, 1780, 1782, 1783, 1785, 1786, 1787, le nombre des naissances n'a pas diminué, mais il y a eu une très forte mortalité î*).
Oi\ à considérer la France tout entière, il semble, au contraire, que la population se soit notablement accrue, non seulement dans la première moitié du XVIIP siècle, mais de 1770 à 1700, que, dans cette dernière période, elle se soit élevée de 24 à 26 millions d'habitants ^s). Dans la plupart des provinces,
(1) Les relevés sont faits par les curés. A Paris, les mouvements de poptïîalion ont été étudiés avec grand soin chaque année par M. de la Michodière, conseiller d'Elat, qui adresse ses observations à rintendant. M. Levasseur estime qu'aucun chiffre n'est vraiment sûr, mais que cependant on a pour la fin du XVHI» siècle des données approximativement exactes (op. cit., t. I, pp. 219 et sqq.).
m Arch. d'Hle-et-Vilaine, C 1400.
(31 Grâce à la forte natalité. Dans l'île de Sein, au XVni« siècle, malgré une mortalité très élevée, l'excédent des naissances est en moyenne de 1,79 par lœ habitants (H. Le Carguel, LUe de Sein au XVIII^ siècle. Etat de la population, dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. XX ÏX, pp. 2G8-284).
lU Voy. une leUre de l'intendant à Galonné, du 16 janvier 1784 : « Vous y verrez que le nombre des morts excède celui des naissances de 15.424 persnnnes. Cette diminution considérable ne tombe pas cependant entièrement sur les habitans de cette province. Le nombre des soldats décédés dans les hôpitdux, tant militaires qu'ordinaires, peut monter à environ 5.000. Le surplus se trouverait être de 10.000. Mais les maladies épidémiques, ainsi que les différentes maladies de mer, qui ont été apportées par les lr<»upes venant des îles, sont une des principales causes de la dépopulûlion » (Arch. d'Ille-et-Vilaine, C 1400). Dans une lettre de février 1785, rintendant signale l'excédent des décès sur les naissances qui marque la période commençant en 1773, et il en attribue la cause aux épidémies (ibid.). — Au contraire, de 1801 à 1831, dans le département du Finistère, la population s'accroît de 17 % (Recherches statistiques sur le département du Finistère, 1835, 1™ livraison, pp. 7 et sqq.).
(S) Levasseur, op. cit., t. I, pp. 207 et sqq., et pp. 221 et sqq.