‹ Les classes sociales; analyse de la vie sociale. Ouvrage récompensé par l'Institut de France (Académie des sciences morales et politiques)Chapitre 40 sur 45 · SAINT-AMAND, CHER. — IMPRIMERIE BUSSIÈRE · texte numérisé non relu

SAINT-AMAND, CHER. — IMPRIMERIE BUSSIÈRE

COMCLUSION '.V.y.i

(jiKiiiL facilement, quand on rapporte les phénomènes à leui's causes déterminantes: Tactivit ■ physique et mentale des classes sociales.

Les grands linéaments de notre méthode montrent l'ample matière qui s'otïre aux recherches de la sociologie, tenue à égale distance de la métaphysique et do la simple érudition. Il ne s'agit pas de vagues considérations sur " l'Humanité » considérée comme un être unique, ni sur «le Génie des peuples » suhstance mystérieuse et insaisissable, mais d'observations précises et solides sur l'organisation des Sociétés. La médecine n'a réalisé de véritables progrès que le jour où, par des dissections pratiquées sur les cadavres, lanatomiste a pu décomposer les êtres vivants dans leurs parties essentielles ; étudier la forme, la nature et les fonctions des organes ; découvrir les rapports de dépendance qui unissent les organes entre eux ou qui les. soumettent à des influences extérieures. De même la sociologie ne paraît appelée à jouer un rôle vraiment scientifique que le jour oîi, par une analyse méthodique, chacune des classes sociales sera mise à part ; puis caractérisée par ses tendances, ses idée- et ses actes propres ; et enWn étudiée dans ses relations avec les autres classes soit de la même société, soit des sociét(3s étrangères. L^s phénomènes ne sont plus détachés de leurs causes, mais ils apparaiss(;nt comme les manifestations nécessaires des dis[)ositions, tendances et liabitudes de l'esprit. Gène sont plus des faits incohérents ou unis par des lois empiriques, mais ils s'ordonnent deuxmèmi^s dans les cadres que leur imposent les classes, agents producteurs de ces faits.

lin vœu pour terminer.

Ainsi envisagée la tâche est immense. Pour l'cntr*'-

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prendre avec des chances de succès, il faut — à rimilation des sciences cosmologiques et des arts industriels recourir à la division ou mieux à lorganisation du travail.

Le passé est ici un i^arant de l'avenir. Au commencement, chaque savant visait à embrasser tout l'ensemble des connaissances, et latente acquisition de ce savoir encyclopédique l'empêchait d'approfondir aucune partie et d'y réaliser des progrès. Plus tard, la science s'est heureusement fragmentée. Chaque partie, cultivée à part, s'est enrichie par d'incessantes découvertes. Ces parties à leur tour se sont subdivisées, et, grâce aux spécialistes qui ont concentré toutes leurs forces intellectuelles sur chacun de ces points restreints, les connaissances ont sans cesse gagné en étendue et en précision.

Dans les sciences sociales cette division du travail s'impose avec non moins de rigueur. Il est impossible (ju'un homme — quelle que soit sa puissance de travail — parvienne avec ses seules ressources à recueillir et à utiliser tous les matériaux nécessaires à l'établissement et au contrôle des lois sociales. L'enquête doit être universelle, porter sur tout le présent et aussi sur le passé. Or comment lire seulement tous les documents dispersés dans la multitude des livres, livres écrits dans toutes les langues ?

De là la nécessité d'attribuer à des catégories distinctes de travailleurs des tâches parcellaires. Gela sans doute s'est déjà fait, mais sans ordre. Aussi les esprits, aptes surtout aux synthèses, ne pouvant utiliser les mat(iriaux trop nombreux et trop dispersés, bâtissaient dans le vide plutôt (jue de renoncer à leur besoin de généralisation.

Que les savants s'associent donc, et que. par une organisation volontaire et intelligente, ils donnent l'exem

pie de la solidarilé, dune solidarité féconde La pratique et la théorie se trouveraient unies, et par le bien on arriverait au vrai !

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