AVERTISSEMENT
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En appelant lattention des linguistes sur la contrariété des solutions données, par les maîtres, aux problèmes les
plus importants de la Science du langage, je veux contribuer, dans la inesure de mes forces, au travail de critique, d*élargissement, de réfection, que les progrès accomplis durant ces dernières années ont rendu nécessaire.
Sans doute, Taccord ne pourra se faire, sur les questions fondamentales, qu'après que le domaine de la linguistique aura été conquis dans son entier. Mais les parties récemment explorées fournissent déjà, en assez grand nombre, des faits qui, s'ils avaient été coniius des fondateurs de la Science, eussent modifié leurs vues d'ensemble. On peut donc, sans s'exposer k l'accusation de témérité ou de précipitation, contrôler au moyen des faits nouve^ip(.}a yaleur des théories traditionnelles, et s'il apparaît que ces faits les contredisent, déclarer qu'elles ont &it leur temps. Que sont^ dans J'bi^oire interne
d'une science, les théories de la première heure, celles mêmes des heures suivantes, sinon des vues provisoires auxquelles il faut savoir renoncer, encore bien qu'elles s*imposent a notre respect par Tautorité de ceux qui les ont émises?
Ce travail de réfection est rendu urgent par la tendance que manifestent les partisans des doctrines évolutionnistes a mettre la main sur toutes les sciences qui ne sont point exclusivement naturelles. Jusqu'à ces derniers temps, la linguistique véritablement libre concluait au fait préhistorique de la pluralité originelle des langues. Or, voici que des évolutionnistes paraissent vouloir venir indirectement au secours des retardataires de la thèse de l'unité. Il y a la un péril auquel il faut parer, en maintenant, contre les entreprises de l'anthropologie et du darwinisme, l'absolue indépendance de la linguistique.
Au surplus, les dissentiments qui se sont élevés et qui vont s'aggravant dans nos rangs, ont une profondeur telle, (|n'il importe au renom dont jouissent nos études de constater loyalement notre désaccord momentané et d'y mettre un terme en nous appliquant sincèrement a faire prévaloir sur les hypothèses d'hier les faits aujourd'hui dûnieiU
acquis.'
Lucien ADAM.
P.'S- Au looineul de «lonneriebun à lirur, j« li'ouve, surSchleicher,
dans un ouvrati^e d*outre-Rliin (I), des appréciations qui confirment et au delà de ce que j'ai dit de ce grand savant.
c Zu den Naturwissenschaften verhielt sicli Sciiieicher auders als
die meisten Philologeo, insofern als er wirkiich viel davon verstand.
Namentlich war er in der Botanik bewandert. Wie Naturforscher, die
iha gekannt haben, erzâhlen, war er wegen seiner treftlichen Prapa-
rate fur das: Mikroskop ebenso berûbmt, wie durch gewisse Erzeugnisse
seiner gârtnerischen Kunst. Dièse Studien und Liebbabereien gewan-
nen mit den Jabren einem immer grôsseren Einfluss auf seine
sprachwissenschaftiicben Anschauungen . Wenn er, in seinein gelieb-
ten Garten auf-und abwandelnd, Formen der Sprache analysirte, so
mochte ihm oft der Gedanke kommen, dass wer Formen und wer
Pflanzen zerlegt im Grunde dasselbc Geschâft Ireibe, und wenn er
die Gesetzmâssigkeit der spracblichen Entwicklung erwog, welcbe
kiar zu legen sein ernstestes Bestreben war, so erschien ihm die Vor-
stellung sehr natûrlich, dass die Spracbe nichts Anderes sei als ein
Naturwesen. Dièse Eindrûcke und Gedanken gestaitclen sich in sei-
nem systematisirenden Geiste zn einor ernsthaftcn Lehre, deren
Hauptsâtze die folgenden sind : Die Sprache ist ein Naturorganis-
mus, sie lebt wie die anderen Orgmiismen, wenn sie auch wie der
Mensch handeit. Die Wissenschafl von diesem Organismus gehôrt zu
den Naturwissenschaften, und die Méthode, mitteis deren die be>
trieben werden muss, ist die naturwissenschaftliche. Schleicher legte
auf dièse Sâtze hohen Werth, und ich mochte behaupten, dass,
wenn man ihn in seinen letzten Jahrcn gefragt batte, worin
nach seiner Meinung sein wissenschaftiiches Verdienst bestehe, er
geanlwortet haben wûrde, es bestehe in der Anwendung der naturwis-
senschaftlichen Méthode auf die Sprachwissenschaft. Das Urtbeil des
grôssten Theiies der Mitwelt war ein anderes, und jetzt ist man
wohl ziemlich einig darûber, dass jene drei Schieicher'schen Satze
nicht gebilligt werden kônnen » .
(i) Einleitnng in das Sprachstudivm von B. Delbrûck. L^^ipzig,