CHAPITRE PREMIER
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Si la culture des Clématites est plus que centenaire, l'obtention des variétés à grandes fleurs, tant admirées aujourd'hui et qui ont supplanté les. Clématites de nos ancêtres, ne remonte pas bien loin derrière nous. Il y à cinquante ans à peine, elles étaient à l'aurore de leur apparition, mais. comme pour beaucoup d’autres genres de plantes, leur amélioration fut très rapide, lorsque les espèces qui devaient les produire furent introduites dans les jardins. Ces espèces, qui constituent le groupe Patens ou Clématites à grandes fleurs, sont : ©. patens. ©. lanuginosa, C'. halkonensis (C. Jackmani). Entre les mains d'habiles semeurs, ces espèces produisirent. LES CLÉMATITES l
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bientôt, par dès croisements successifs éntre elles, les variétés auxquelles elles donnèrent naissance et quelques autres existant déjà, la pléiade de variétés que nous admirons aujourd'hui.
Jusque vers la fin du siècle dernier, on cultivait surtout dans les jardins le ©. Ælammula, dont les
petites fleurs blanches sont agréablement parfumées ; le (. Vihicella, aux fleurs moyennes, à quatre .
sépales bleus, violets ou purpurins; le C. recta, à fleurs blanches, du midi de la France: le C. sntegrifolia, à fleurs bleues, feuilles simples et tiges dressées, non sarmenteuses ; Le C'. orientales, à petites fleurs jaunes. Puis, plus rarement, quelques espèces nord-américaines, telles que les C. Viorna, C. crispa, C. apüfolia, C. virginiana ainsi que le C. cirrhosa de la région méditéranéenne; en tout une dizaine d'espèces au plus, qui ne laissaient nullement prévoir l'importance horticole que prendrait le genre un siècle plus tard.
Vers 1776, le C’. florida nous vint du Japon. En 1836, von Siebold importa du même pays le C. palens, sous différentes formes obtenues dans les jardins japonais. Le magnifique C’. lanuginosa fut trouvé en 1850, aux environs de Ningpo (Chine septentrionale), par Robert Fortune, et vers 1880 le D' Savalier recueillait à l’état sauvage, sur les collines de Hakones, dans l’île de Nipon, au Japon, le vigoureux C. hakonensis, propagé dès 1860 par Jackman, horticulteur anglais, qui le donna comme un hybride de son obtention et qu'il répandit sous le
nom de Jackmant.
Ilest à remarquer que toutes ces Clématites sont d'origine asiatique et que, comme pour les Rosiers thés, qui doivent leur existence aux Rosa indica, K.chi-
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nensis et R. semperflorens, natifs de ces mêmes pays, la culture des Clématites n’attendait que l’introduction des espèces précitées pour prendre son essor et gagner bien vite l'importance dont elle jouit aujourd'hui.
Lorsque les différents semeurs se furent mis à l'œuvre, ils ne tardèrent pas à faire remarquer leurs gains. Peu de temps après l'introduction des espèces types, M. Isaac Anderson Henry, d'Edimbourg, opéra, en 1855, un croisement des C. patens et C. lanuginosa et en obtint le C. reéginæ, à fleurs bleu-lavandé, qui fut primé. Quelques années plus tard, MM. Simon-Louis, de Metz, obtenaient, d’un croisement des C”. lanuginosa et C. Viticellagrandiflora, le C. splendida, à grandes fleurs rouge brunâtre foncé et de semis du (’. patens, des variétés améliorées, notamment le C. Louisa plena. C'est à M. Briolay- Goiffon, d'Orléans, qu'est dû le C’. aureliana, obtenu en 1860, du croisement des (. patens et C. lanugqinosa et mis au commerce vers 1865 et, presque simultanément, apparut le magnifique C. Jackmani. que nous venons de mentionner.
Les premières obtentions de M.Lemoine,de Nancy, furent : les Clematis lanuginosa candida, C'. lanuginosa nivea, C. Otto Frœbel. M. Carré, de Saint-Julien-lès- Troyes, obtint : C. Gloire de St-Julien, (’. Impératrice Eugénie, et M. Dauvesse, d'Orléans, (!. Jeanne d'Arc.
Parmi les autres semeurs français ayant contribué à l'amélioration de ce beau genre, nous citerons : MM. Boisselot, de Nantes: Christen, de Versailles; Desfossé, d'Orléans; Gégu, d'Angers: Paillet, de Chatenay; Modeste Guérin, de Paris; Gerbeaux, de Nancy ; Morel, de Lyon, etc., et comme horticulleurs étrangers : MM. Jackman, de Woking; Henderson,
de Londres; Cripps et Sons, de Tunbridge Wells; Noble, de Sunningdale, en Angleterre, etc.
En moins de dix ans, les Clématites firent un progrès immense et s'ouvrirent la grande voie horticole dans laquelle elles sont définitivement entrées. Aujourd’hui, on procède par voie d’élimination dans le choix des variétés, car leur nombre s'élève à plusieurs centaines.
Envisagées dans leur ensemble, les Clématites présentent de grandes variations de port, de forme, de feuillage, de fleurs et des coloris excessivement variés. Toutes les couleurs fondamentales : le blane, le rouge, le jaune, le bleu, s’y observent, avec une infinité de nuances intermédiaires passant par degrés successifs d’une couleur à l'autre, et il existe même des panachures, sous forme de bandes médianes. La durée de floraison des espèces, prises dans leur ensemble, s’échelonne depuis avril-mai jusqu'aux gelées; plusieurs variétés, des hybrides surtout, remontent et fleurissent même pendant toute la belle saison. Dans plusieurs espèces, et en particulier dans le C. Flammula, nommé pour cela Clématite odorante, nous trouvons un parfum, faible peutètre, mais suave et très agréable.
La littérature botanique et horticole des Clématites est relativement riche, car un très grand nombre d'articles, souvent accompagnés de planches, ont été publiés dans les diverses publications horticoles, mais ce ne sont que des articles spéciaux à des variétés ou à des groupes d'espèces, telles que celles de la section des Tubuleuses, que Decaisne a longuement étudiées et décrites. Nous ne connaissons guère, comme ouvrages spéciaux et généraux à ces plantes, que : 7he C'lematis as a Garden Flower (La
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Clématite au point de vue horticole) par Thomas Moore et George Jackman; Les Clématites à yrandes fleurs, par À. Lavallée, magnifique ouvrage descriptif et iconographique, orné de 24 planches noires el la toute récente monographie intitulée : Les Clematiles, par le D' Jules Le Bèle, brochure grand in-8° de 60 pages.
Les Clématites n'ont pour ainsi dire aucune propriété économique, étant lotalement délaissées aujourd’hui au point de vue pharmaceutique. Elles
semblent ainsi uniquement faites pour le plaisir de
nos yeux, pour orner nos jardins et les murs de nos habitations. Nous parlerons, du reste, de leurs multiples emplois décoratifs à la suite des chapitres Culture.