SCÈNE V HENRI, GERMAINE
; HENRI, ù APROCREE Germaine.
GERMAINE, Je suis à vos ordres, monseigneur.
ie DR A “HENRI, 2 À je n'ai pas d'ordres à vous donner, Germaine, c'est une explicätion que je vous demande,
GERMAINE
Une explication ? nu
HENRI Vous êtes la nièce de l’un de nos plus riches fermiers; vou
étiez ce matin la fiancée d’un homme puissant, trop vieux,
trop laid pour vous plaire, oh! j'en conviens. Mais pour déterminer une Jeune fille à l’acte audacieux que vous avez accompli, ne vous a-t-il pas fallu de plus graves motifs? .
GERMAINE
Oui, monseigneur, j'avais fait un serment,
HENRI
Un serment?
GERMAINE
- guère vous intéresser...
. Mais au contraire, et je vous prie de me la faire connaître,
GERMAINE
Eh bien ! j'avais deux ans à la mort de ma mère, et n’ayant - plus d’autre parent que mon oncle, je fus mise en pension par ui, et je n’en suis sortie que pour vivre ici à peu près comme je vivais là-bas, presque toujours seule, Au milieu de cet iso » Jement, j'avais remarqué un pauvre garçon encore plus mal . heureux que moi ; d'abord, il m’intéressa à cause de sa jew messe et de sa pauvreté; je cherchais toutes les occasions,
- tous les moyens d’adoucir son sort, lorsqu'un jour mon. oncle m'envoya chez un tabellion à Courseulles ; en longeantla :
à falaise à la marée montante, le pied me glissa, et, d’une assez . grande hauteur, je fus précipitée dans la mer, où j'allais
LKR
Mon Dieu, l’histoire d’une pauvre fille comme moi ne peut
HENRI
| C'était lui qui vous avait sauvée ?
GERMAINE
Oui, monseigneur.
(ia HENRI.
Il vous l'a dit.
GERMAINE, Sans doute.
Le nom de ce héros?
GERMAINE, Jean Grenicheux.
| HENRI
Oro: mon cocher! Ce poltron qui, tout à l'heure, trem- 7. Re biait de se trouver ici ?
ss GERMAINE.
__ J'avoue que sa frayeur m’a bien étonnée.
; HENRI. 4 De grace... répétez encore: c'était en allant à Cour- : ue 4 GERMAINE. 2
Oui, il y a six semaines.
HENRI
Six semaines?
GERMAINE